Cinéma et bien-être animal : Vers la fin des animaux sauvages sur les plateaux ?

Une réponse ministérielle publiée ce matin (10 février 2026) est venue préciser la position du Gouvernement concernant l’utilisation d’animaux non-domestiques dans les productions audiovisuelles. Entre arsenal législatif existant et incitations technologiques, le secteur est en pleine mutation.

Alors que la loi de 2021 contre la maltraitance animale s’apprête à faire disparaître les animaux sauvages des cirques itinérants d’ici 2028, une question restait en suspens : qu’en est-il du septième art ? Interpellée par un député sur les conditions de stress (bruit, lumières, transport) subies par ces animaux, la ministre de la Culture a tenu à clarifier le cadre réglementaire et les ambitions de l’exécutif.

Un cadre légal plus strict qu’il n’y paraît

Si les fictions échappent à l’interdiction totale qui frappe désormais les plateaux d’émissions de variétés ou de jeux (depuis le 1er décembre 2023), elles n’en demeurent pas moins soumises à un contrôle rigoureux. La ministre rappelle que le Code rural et le Code pénal interdisent strictement tout mauvais traitement, y compris envers les animaux sauvages « apprivoisés ou tenus en captivité ».

Les prestataires fournissant ces animaux doivent répondre à des critères précis :

  • Autorisation préfectorale obligatoire pour l’établissement.
  • Certificat de capacité pour l’entretien des espèces concernées.
  • Sanctions administratives et pénales en cas de manquement aux prescriptions de sécurité et de bien-être.

La stratégie des « 3R » : L’éthique au cœur de la création

L’innovation majeure réside dans l’intégration de la protection animale au sein des politiques de développement durable du cinéma. Depuis mai 2024, un référentiel de production responsable (AFNOR SPEC 2308) guide les professionnels via la règle des « 3R » :

  1. Remplacer : Privilégier les alternatives aux animaux vivants dès que possible.
  2. Réduire : Limiter le nombre d’individus et la durée de leur présence sur le plateau.
  3. Raffiner : Optimiser les conditions d’hébergement et interdire toute sédation ou souffrance.

La technologie comme rempart à la captivité

Pour le Gouvernement, l’avenir du cinéma réside dans les effets visuels numériques (VFX). Plutôt que d’imposer une interdiction brutale qui pourrait pénaliser la création française, le ministère mise sur l’incitation financière. Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) soutient activement les productions utilisant de manière significative les techniques numériques pour substituer les animaux réels par des doubles virtuels saisissants de réalisme.

Et demain ?

Le débat est loin d’être clos. Le CNC mène actuellement une vaste étude sectorielle pour recenser précisément la présence animale dans les œuvres cinématographiques. Les résultats, attendus pour le printemps 2026, devraient permettre d’ajuster les politiques publiques et, peut-être, de franchir une nouvelle étape vers l’interdiction définitive réclamée par les associations de protection animale comme PAZ.

D’ici là, le message est clair : la magie du cinéma ne doit plus se faire au détriment du respect biologique des espèces.

Source : J.O. questions Assemblée Nationale du 10 février 2026, Qu. 12245, p. 1158