Professionnels de santé sur le papier, mais qu’en est-il sur le terrain ? Le quotidien d’un ambulancier en 2026 ne ressemble plus à celui d’il y a dix ans. Montée en compétences, intégration de profils infirmiers, actes de soins d’urgence… Pourtant, sur le terrain, le sentiment d’un manque de reconnaissance persiste. Interrogé à ce sujet, voici la réponse du ministre de la santé.
Pas d’uniforme national « officiel »
Le ministère commence par rappeler une victoire symbolique et juridique : depuis la réforme de 2022, les ambulanciers sont officiellement des « professionnels de santé ». Ce statut, appuyé par l’autorisation de pratiquer de nouveaux actes en Aide Médicale Urgente (AMU), visait à sortir la profession de l’étiquette réductrice de « transporteur ».
Cependant, sur la demande d’un code vestimentaire unifié et officiel pour renforcer l’identification par le public, le ministère botte en touche. Pour le Gouvernement, la tenue reste une prérogative des partenaires sociaux via les conventions collectives. L’uniforme national « officiel » n’est donc pas pour demain.
Rémunération : Le casse-tête de l’Article 80
L’un des points de friction majeurs soulevés par la députée concernait l’équité territoriale des rémunérations, pointant du doigt les disparités liées à l’Article 80 de la LFSS (transports interhospitaliers).
La réponse ministérielle est ferme :
- Sur l’interhospitalier : Le gouvernement maintient le système actuel de marchés conclus directement avec les établissements de santé. Pas de barème national obligatoire en vue pour ces missions spécifiques.
- Sur l’urgence : Le ministère s’appuie sur le bilan de février 2025, affirmant que la réforme de la garde ambulancière a déjà permis une revalorisation significative des forfaits de transport urgent.
En bref…
Comme on peut le voir, si le Gouvernement souligne les avancées législatives passées, il semble peu enclin à imposer de nouvelles normes contraignantes (salaire national indexé, tenue unique). Le message est clair : la balle est dans le camp des négociations conventionnelles avec l’Assurance Maladie et des partenaires sociaux.
La reconnaissance est acquise dans les textes, mais sa traduction sur la fiche de paie et dans l’image sociale du métier reste un combat de longue haleine pour les syndicats et les représentants de la profession.
Source :
- J.O. Questions Sénat du 29 janvier 2026 ; Qu. n° 5127, p. 481.






