Cancer : Le « Parcours de Soins Global » s’ouvre désormais dès le début des traitements

Un décret publié ce 14 février 2026 au Journal Officiel marque un tournant dans la prise en charge oncologique en France. Désormais, les soins de support (psychologie, nutrition, sport adapté) ne sont plus réservés à l’après-cancer, mais deviennent accessibles dès le diagnostic.

C’est un cadeau de la Saint-Valentin dont les associations de patients se féliciteront. Le Décret n° 2026-90, paru ce matin, vient parachever l’ambition de la loi du 5 février 2025. En modifiant le Code de la santé publique, le gouvernement acte une réalité médicale simple mais essentielle : le combat contre la maladie commence dès le premier jour de traitement, et l’accompagnement doit suivre le même rythme.

Ce qui change concrètement

Jusqu’à présent, le « parcours de soins global » était principalement fléché comme un dispositif de « post-traitement ». Pour beaucoup, il fallait attendre la fin de la chimiothérapie ou de la radiothérapie pour bénéficier de bilans remboursés.

Désormais, la distinction s’efface :

  • Accessibilité immédiate : Les patients « recevant » un traitement sont désormais logés à la même enseigne que ceux l’ayant terminé.
  • Un triptyque de soins renforcé : Le parcours inclut systématiquement des bilans et suivis en activité physique adaptée (APA), en nutrition/diététique et en psychologie.
  • Prescription élargie : Le texte confirme que le cancérologue, le pédiatre ou le médecin traitant peut activer ces droits dès le stade de l’Affection Longue Durée (ALD).

Une approche « personnalisée » et non plus seulement « curative »

Le nouveau libellé de l’article R.1415-1-11 du Code de la santé publique est subtil mais puissant. On ne parle plus seulement de soins « après » le traitement, mais de soins « liés au traitement ».

Cette sémantique permet d’intégrer les soins de support comme une composante intrinsèque de la thérapie. L’objectif est double : améliorer la qualité de vie pendant les protocoles lourds (souvent marqués par une grande fatigue et une détresse psychologique) et réduire les risques de rechute en maintenant une condition physique et nutritionnelle optimale dès le départ.

Le rôle clé des ARS et des professionnels de santé

Le décret s’adresse directement aux Agences Régionales de Santé (ARS), qui doivent piloter et financer ces parcours. Les établissements de santé et les professionnels libéraux (diététiciens, psychologues, enseignants en APA) vont devoir s’organiser pour répondre à cette demande qui, mécaniquement, va augmenter avec l’inclusion des patients en cours de traitement.

A noter : Si ce texte découle initialement d’une loi visant spécifiquement le cancer du sein, son application via le Code de la santé publique bénéficie de facto à l’ensemble des patients touchés par une pathologie cancéreuse. C’est une victoire pour une médecine plus humaine et préventive.

Entrée en vigueur : Dès demain, le 15 février 2026.

Texte officiel :