C’est fait ! Un tournant majeur vient d’être franchi pour le commerce électronique en Europe. Un Règlement paru ce matin [18 février 2026] au Journal Officiel de l’UE, acte la suppression définitive de la franchise de droits de douane pour les colis importés de pays tiers et d’une valeur inférieure à 150 €. Voici ce qui va changer pour les consommateurs et les plateformes dès l’été prochain.
C’est la fin d’une exception qui durait depuis 2009. Jusqu’à présent, tout colis envoyé directement depuis un pays tiers (Chine, États-Unis, Royaume-Uni, etc.) à un destinataire dans l’Union européenne bénéficiait d’une exonération de droits de douane si sa valeur ne dépassait pas 150 €. C’est terminé : ce « seuil magique » disparaîtra officiellement le 1er juillet 2026.
Pourquoi cette décision ?
Le Conseil de l’UE justifie cette mesure par trois arguments principaux :
- Lutte contre la fraude : De nombreux vendeurs pratiquaient la sous-évaluation ou le fractionnement artificiel des envois (diviser une commande de 300 € en deux colis de 150 €) pour échapper aux taxes.
- Concurrence équitable : Les entreprises européennes, soumises aux taxes dès le premier euro, souffraient d’un désavantage compétitif face aux géants du e-commerce international.
- Modernisation : À l’ère du tout-numérique, l’argument de la « charge administrative excessive » pour les douanes n’est plus jugé valable.
Une période de transition à « 3 euros »
Conscient du défi logistique que représente le traitement de millions de petits colis, le législateur a prévu une phase transitoire.
Du 1er juillet 2026 au 1er juillet 2028, un régime simplifié s’appliquera :
- Le montant : Un droit de douane forfaitaire de 3 € par article.
- Les conditions : Ce tarif s’applique aux envois de moins de 150 € via le régime IOSS (Guichet unique à l’importation) ou pour les envois postaux classiques.
- Hors IOSS : Pour les opérateurs non enregistrés, c’est le tarif douanier commun (plus complexe et souvent plus onéreux) qui s’appliquera.
Surveillance et avenir
Le règlement prévoit des garde-fous. Dès octobre 2026, la Commission européenne surveillera les flux pour vérifier que des acteurs ne tentent pas de contourner ce forfait de 3 €.
Surtout, cette réforme est liée à la mise en place du nouveau Code des douanes de l’Union. Si l’infrastructure informatique centrale n’est pas prête d’ici fin 2027, la période de transition (et donc le forfait de 3 €) pourrait être prolongée au-delà de 2028.
Ce que cela signifie pour le consommateur
Concrètement, les prix affichés sur les plateformes de vente directe depuis l’étranger devraient augmenter légèrement pour intégrer soit le forfait de 3 €, soit les nouveaux droits de douane. L’époque du « petit gadget à 5 € sans aucun frais de douane » est bel et bien révolue.







