Deux arrêtés publiés ce 14 janvier 2026 au Journal officiel viennent préciser les modalités de gestion pour plusieurs espèces clés. Entre quotas de débarquement stricts et prolongation des limitations de rejets, le gouvernement ajuste le cadre réglementaire pour répondre à l’urgence biologique signalée par les scientifiques.
1. Lieu jaune : une gestion sous haute surveillance
Le lieu jaune (Pollachius pollachius) est l’espèce la plus impactée par ces mesures de restriction. Face au déclin des stocks en Atlantique et en Manche, le texte impose des plafonds de débarquement rigoureux pour les navires n’adhérant pas à une organisation de producteurs (OP).
- En Bretagne (Zones CIEM VIII a, b, d, e) : Le débarquement est limité à 100 kg par mois jusqu’au 31 mars 2026, puis passera à 400 kg par mois à partir du 1er avril.
- En zone CIEM VII : Pour l’ensemble des navires non-adhérents à une OP, le plafond est fixé à 200 kg par mois.
Ces mesures visent à « gérer tout au long de l’année la consommation des quotas » afin d’éviter l’épuisement des droits de pêche avant la fin de la saison.
2. Raie mêlée : pesée obligatoire et interdiction de la découpe
La raie mêlée (Raja microocellata) en zone CIEM VII e (Manche Ouest) fait également l’objet d’un encadrement strict suite aux avis du CIEM :
- Un quota de 100 kg par semaine (du lundi au dimanche).
- Circuit de débarquement unique : La pesée et l’enregistrement doivent obligatoirement être réalisés dans les halles à marée (criées).
- État du produit : Les spécimens doivent être débarqués entiers ou éviscérés. Il est désormais strictement interdit de débarquer des raies sous forme d’ailes ou pelées, afin de faciliter les contrôles d’identification et de taille.
3. Chinchard : prolongation du plafond de rejet
L’arrêté modifie également le texte de référence du 8 juin 2015 concernant l’obligation de débarquement. L’exemption « de minimis », qui autorise le rejet en mer d’une petite partie des captures non désirées pour le chinchard, est prolongée d’un an sous conditions strictes.
La règle : Les rejets de chinchard restent limités à 100 kg par marée et par navire jusqu’au 31 décembre 2026 (pour les zones CIEM VI, VII b-k et IV b-c).
Cette prolongation vise à limiter la consommation des exemptions accordées par les règlements européens et à encourager des pratiques de pêche plus sélectives.
Synthèse des mesures 2026
| Espèce | Zone | Limite de débarquement | Contexte scientifique |
| Lieu jaune | VIII a, b, d, e | 100 à 400 kg/mois | Stock en baisse (CIEM) |
| Lieu jaune | VII | 200 kg/mois | Stock en baisse (CIEM) |
| Raie mêlée | VII e | 100 kg/semaine | Stock en baisse (CIEM) |
| Chinchard | VI, VII, IV | 100 kg/marée (rejet) | Limitation de l’exemption |
4. Civelle (Anguille européenne) : Calendrier et quotas de repeuplement
Un second arrêté, daté du 9 janvier 2026, modifie les périodes de pêche de l’anguille de moins de 12 centimètres (civelle) dans le domaine maritime, particulièrement pour le bassin Adour-cours d’eau côtiers.
Nouvelles dates de pêche
Le calendrier pour 2026 est fragmenté pour permettre une gestion durable. Pour le bassin de l’Adour, les prochaines fenêtres de pêche autorisées sont :
- Du 1er au 15 janvier inclus.
- Du 16 au 24 janvier inclus.
- Du 16 au 19 février inclus.
Priorité au repeuplement
Le texte introduit une contrainte forte sur la destination des captures. Pour plusieurs périodes clés (notamment du 27 décembre au 15 janvier, du 22 au 24 janvier et du 16 au 19 février), les civelles pêchées ne peuvent être commercialisées qu’au titre du quota destiné au marché du repeuplement. Cette mesure vise à favoriser la survie de l’espèce en milieu naturel plutôt que la consommation directe.







