Presse : le Conseil d’Etat valide la hausse choc des tarifs postaux pour 2026.

Coup dur pour les éditeurs de presse et leurs abonnés : dans une ordonnance rendue le 14 janvier 2026, le juge des référés du Conseil d’État a débouté les principaux syndicats de presse qui demandaient la suspension en urgence des nouveaux tarifs de distribution postale.

Le bras de fer entre la presse et l’État franchit une étape décisive, mais amère pour les éditeurs. La Fédération nationale de la presse d’information spécialisée (FNPS), l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) et le Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM) n’ont pas obtenu gain de cause devant la plus haute juridiction administrative française.

Un conflit sur fond de « trahison » protocolaire

Au cœur du litige se trouve un arrêté du 23 décembre 2025 homologuant les tarifs postaux pour l’année 2026. Les éditeurs dénoncent une hausse brutale de 7 %, alors qu’un protocole d’accord signé en février 2022 entre la presse, La Poste et l’État prévoyait un plafonnement des augmentations annuelles à 2 %.

Pour les syndicats de presse, cette dérogation aux engagements de l’État constitue une menace « grave et immédiate » pour l’équilibre économique des titres de presse, déjà fragilisés par l’inflation et la baisse des tirages papier.

Les arguments de la presse balayés

Pour obtenir la suspension de cet arrêté, les requérants s’appuyaient sur la procédure du référé-suspension (article L. 521-1 du code de justice administrative). Ils invoquaient plusieurs moyens juridiques :

  • Le non-respect du plafond de 2 % fixé par le protocole de 2022.
  • Un vice de procédure et un défaut de motivation de l’arrêté.
  • Une atteinte à la sécurité juridique, les éditeurs n’ayant pu anticiper une telle hausse.

Cependant, le juge des référés a tranché de manière expéditive. Selon l’ordonnance, aucun de ces arguments n’est de nature à créer, en l’état actuel de l’instruction, un « doute sérieux » quant à la légalité de la décision ministérielle.

Une procédure simplifiée

Le Conseil d’État a utilisé l’article L. 522-3 du code de justice administrative, qui permet de rejeter une requête sans même tenir d’audience publique lorsque celle-ci apparaît manifestement infondée.

« Aucun de ces moyens n’apparaît […] comme étant de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté », souligne l’ordonnance.

En conséquence, le juge ne s’est même pas prononcé sur l’urgence de la situation : l’absence de doute sérieux sur la légalité suffit à rejeter la demande de suspension.

Quelles conséquences pour les abonnés ?

Cette décision est une victoire pour Bercy et La Poste, qui voient leurs nouveaux tarifs validés pour l’année 2026. Pour les éditeurs de journaux et de magazines, le coup est rude. Ainsi que pour leurs abonnés ! Cette hausse de 7 % des frais d’acheminement risque de se répercuter directement sur le prix des abonnements ou de contraindre certains titres à réduire leur pagination ou leur fréquence de parution.

Toutefois, si cette ordonnance de référé ferme la porte à une suspension immédiate, la procédure au fond se poursuit, mais celle-ci prendra probablement plusieurs mois. Dans l’immédiat donc, les carottes semblent cuites : la presse devra payer le prix fort pour être distribuée dans les boîtes aux lettres des Français.

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