Une petite révolution dans le paysage de la biologie médicale française. Un nouvel arrêté, publié ce jour (7 février 2026), élargit considérablement les possibilités de réaliser des analyses biologiques en dehors des laboratoires traditionnels. Cabinets médicaux, EHPAD et centres de santé sexuelle sont désormais en première ligne.
Jusqu’à présent, la réalisation de la phase analytique (l’analyse proprement dite) en dehors d’un laboratoire de biologie médicale (LBM) était strictement cantonnée aux urgences vitales en véhicules de secours. L’arrêté du 4 février 2026 change la donne en autorisant la biologie délocalisée dans huit catégories de lieux de soins.
1. Un périmètre d’intervention élargi
Voici la nouvelle liste de structures autorisées à pratiquer des analyses, sous réserve d’un accord de l’Agence Régionale de Santé (ARS) :
- Cabinets médicaux, maisons de santé et centres de santé.
- EHPAD.
- Services de PMI, centres de santé sexuelle et CeGIDD.
- Transports sanitaires médicalisés.
2. Une dérogation sous haute surveillance
Attention : l’ouverture n’est pas un « chèque en blanc ». Pour obtenir l’autorisation du Directeur Général de l’ARS, plusieurs critères doivent être remplis :
- Le besoin territorial : L’offre de biologie locale est-elle insuffisante ?
- L’urgence clinique : L’état du patient nécessite-t-il un résultat immédiat ?
- L’enclavement géographique : Existe-t-il un risque pour la continuité des soins ?
Surtout, cette activité reste sous le contrôle d’un laboratoire de biologie médicale. Une convention rigoureuse doit lier la structure de soins au LBM, précisant la formation du personnel, la maintenance des appareils et le contrôle de qualité.
3. Quels examens pourront être pratiqués ?
L’annexe de l’arrêté segmente les examens autorisés selon le lieu d’exercice :
| Secteur | Examens autorisés (exemples) |
| Général (Cabinets, EHPAD, etc.) | INR, D-dimères, Créatinine, Troponine (cœur), Bêta HCG (grossesse), HbA1c (diabète). |
| EHPAD uniquement | Tests PCR respiratoires (SARS-COV-2, Grippe, VRS). |
| Santé Sexuelle (CeGIDD) | Charges virales VIH et Hépatite C, dépistage Chlamydia et Gonocoque. |
4. Garantie de qualité : l’accréditation obligatoire
Pour rassurer sur la fiabilité des résultats, toute structure souhaitant pratiquer ces examens devra déposer un dossier d’accréditation (norme ISO 15189) auprès du COFRAC dès la signature de la convention. La pratique peut débuter dès réception du récépissé de dépôt, engageant ainsi le professionnel dans une démarche d’amélioration continue de la qualité.







