Agents immobiliers et Notaires : la validité de 6 mois de l’ERP ne vous protège pas en cas de PPRI approuvé

Par un arrêt du 19 février 2026, la Cour de cassation rappelle que l’évolution réglementaire prime sur la durée de validité de l’état des risques (ERP/ERRIAL). Si un PPRI est approuvé entre le compromis et l’acte authentique, le silence du rédacteur d’acte expose les parties à la résolution pure et simple de la vente.

⚠️ Le dogme des « 6 mois » mis à l’épreuve

Jusqu’à présent, la pratique consistait souvent à vérifier la date de l’ERP : s’il avait moins de six mois au jour de la signature de l’acte authentique, il était considéré comme juridiquement « valide ». Mais l’arrêt de ce jour [19 février 2026] vient censurer cette lecture automatique.

📝 Les faits : une erreur de vigilance fatale

  • Signature du compromis : Un état des risques est annexé, mentionnant un PPRI prescrit.
  • Entre-temps : Un arrêté préfectoral approuve le PPRI, rendant le terrain inconstructible (aléa très fort).
  • Acte authentique : Le notaire réitère la vente avec le diagnostic initial (toujours valide chronologiquement), sans mentionner l’arrêté d’approbation.
  • Sanction : La Cour de cassation casse l’arrêt d’appel qui avait refusé la résolution de la vente. Pour la Haute juridiction, l’information sur la servitude d’utilité publique (le passage du statut « prescrit » à « approuvé ») est une information substantielle due à l’acquéreur.

💡 Ce que cela change pour les professionnels

Cette décision impose aux professionnels une veille active jusqu’à la dernière minute :

  • L’obligation de mise à jour : Même si le diagnostic a 15 jours, si un arrêté d’approbation intervient la veille de la vente, le DDT doit être complété par une mise à jour.
  • La mutation de l’information : On ne vend pas un bien « soumis à un risque potentiel » (prescrit) de la même manière qu’un bien « grevé d’une servitude ferme » (approuvé).
  • Le risque de résolution : Le défaut d’information n’entraîne plus seulement des dommages-intérêts, mais bien l’anéantissement rétroactif du contrat.

Cet arrêt oblige donc à sortir d’une gestion purement administrative des diagnostics pour revenir à une analyse de fond de la situation juridique du bien.

Texte officiel :