Architectes : ce qui change au 1er juillet 2026 au niveau des exigences de performance énergétique des bâtiments et des surélévations

Le paysage réglementaire de la construction neuve en France vient de connaître une mise à jour significative. Le Décret n° 2026-200 et son arrêté d’application du mars 2026 (J.O. du 20), viennent ajuster les curseurs de la RE2020.

Ces textes visent à mieux prendre en compte les spécificités de certains projets, comme les surélévations, et à affiner les méthodes de calcul de performance énergétique et environnementale. Voici le décryptage des points clés.

1. La surélévation : un régime clarifié

Jusqu’à présent, le flou persistait parfois sur le régime applicable aux surélévations de faible surface. L’article 1er du décret et l’arrêté modifient l’article R. 172-3 du CCH pour aligner les surélévations sur le régime des extensions.

  • Exigences alternatives : Les projets de surélévation d’une surface inférieure à 150 m² (ou inférieure à 30 % de la surface existante) pourront bénéficier d’exigences simplifiées, évitant ainsi la lourdeur d’une étude RE2020 complète pour de petits projets.
  • Cas particuliers : Pour les maisons individuelles, les seuils sont encore plus spécifiques, avec des adaptations prévues pour les surfaces comprises entre 50 et 80 m².

NB : Pour les extensions et surélévations de très petite taille (inférieures à 50 m²), le régime reste celui des exigences minimales définies par l’arrêté du 17 novembre 2020.

2. Nouveaux coefficients de modulation : HSP et espaces extérieurs

Le décret introduit de nouvelles variables dans les formules de calcul du Bbio (besoin bioclimatique), du Cep (consommation d’énergie primaire) et de l’Ic construction (impact carbone).

  • La Hauteur Sous Plafond (HSP) : L’introduction du coefficient MbHSP et McHSP reconnaît qu’une hauteur sous plafond importante impacte le volume à chauffer et les besoins en éclairage. C’est une correction bienvenue pour les projets architecturaux atypiques (lofts, plateaux de bureaux).
  • La Surface d’Agrément Extérieur (Sagreˊment_ext​) : Pour les logements collectifs, la surface des balcons, loggias et terrasses en épannelage sera désormais prise en compte. Cela permet de ne pas « pénaliser » les projets offrant une meilleure qualité de vie extérieure, malgré l’impact carbone des matériaux nécessaires à leur construction.

3. Traitement de faveur pour les IGH et les réseaux de chaleur

Le texte prévoit aussi des ajustements pour les structures complexes et les zones urbaines denses :

  • Immeubles de Grande Hauteur (IGH) : Des dérogations sont prévues sur les valeurs maximales d’impact carbone (Ic construction) pour 2028 et 2031, reconnaissant les contraintes structurelles spécifiques (sécurité incendie, structure renforcée) de ces bâtiments.
  • Réseaux de Chaleur Urbains (RCU) : Un nouveau coefficient (Miclim_RCU) module l’impact carbone pour les bâtiments raccordés à un réseau classé lorsqu’ils sont équipés d’un système de climatisation.

Résumé des changements de calcul

ParamètreDescriptionImpact
HSPmoyMoyenne des hauteurs sous plafondModulation du Bbio, Cep et Ic construction
Sagrément_extBalcons, loggias, terrassesPrise en compte dans l’Ic construction des collectifs
IGHImmeubles de Grande HauteurAbaissement progressif des exigences Ic (-5% en 2028 et 2031)
Miclim_RCUClimatisation + Réseau urbainCoefficient spécifique de 25 pour l’Ic construction

Entrée en vigueur

Attention au calendrier : ces nouvelles dispositions s’appliqueront à toutes les demandes de permis de construire et déclarations préalables déposées à compter du 1er juillet 2026. Les dossiers en cours de conception doivent donc d’ores et déjà intégrer ces nouveaux coefficients de modulation.

Textes officiels :