L’arrêté d’extension publié au Journal Officiel du 19 mars 2026 vient rendre obligatoire l’accord paritaire sur la politique salariale dans le secteur de l’imprimerie de labeur (IDCC 184). Dans un contexte économique fragile, cet accord mise sur une revalorisation modérée et une restructuration de la grille.
Le paysage social des industries graphiques franchit une nouvelle étape. Suite à l’accord conclu le 6 janvier 2026 par la Commission Paritaire Permanente de Négociation et d’Interprétation (CPPNI), le ministère du Travail a validé l’extension des nouvelles grilles salariales.
Dès le 1er avril 2026, toutes les entreprises du secteur — incluant désormais l’imprimerie, la sérigraphie et la reliure-brochure-dorure — devront se conformer à ces nouveaux minima.
Un secteur en pleine mutation structurelle
Le préambule de l’accord souligne la complexité du moment : le secteur fait face à un « retournement conjoncturel » marqué par une baisse des volumes et un basculement vers les courtes séries. Parallèlement, l’automatisation croissante impose une montée en compétences et une polyvalence accrue des salariés.
Cet accord fait suite aux grandes réformes des classifications de 2024. L’objectif affiché par les partenaires sociaux est de redonner de la cohérence au bas de la grille (groupes VI à V), souvent compressé par les hausses successives du SMIC, afin de maintenir une hiérarchie salariale « équitable ».
Les points clés de l’accord
- Application universelle : L’accord s’applique à toutes les entreprises, y compris les TPE (moins de 50 salariés), très majoritaires dans la branche.
- Égalité professionnelle : Le texte rappelle l’obligation de garantir une égalité de traitement stricte entre les femmes et les hommes pour un même travail.
- Clause de revoyure : Prudence oblige, les signataires se retrouveront en septembre 2026 pour un point d’étape. Si la situation économique s’améliore, de nouvelles discussions pourraient s’ouvrir.
La nouvelle grille des salaires minima (au 1er avril 2026)
La grille est basée sur une durée de travail de 152,25 heures par mois. Voici les montants bruts qui constitueront le « socle collectif » obligatoire :
NB : Aucun salarié ne pourra être rémunéré en dessous de ces montants selon son positionnement dans la classification à compter du mois prochain.
| Groupes et échelons | Salaire minimum mensuel brut |
| I B | 4 515 € |
| I A | 4 401 € |
| II | 3 613 € |
| III B | 3 010 € |
| III A | 2 369 € |
| IV B | 2 232 € |
| IV A | 2 120 € |
| V C | 1 949 € |
| V B | 1 887 € |
| V A | 1 873 € |
| VI B | 1 859 € |
| VI A | 1 843 € |
L’importance du dialogue de proximité
Si la branche fixe le cadre minimal, les partenaires sociaux insistent sur le fait que la négociation au sein même des entreprises reste le levier principal pour valoriser les compétences réelles. Ce « socle de branche » sert de filet de sécurité, mais le dialogue social de proximité est encouragé pour répondre aux spécificités de chaque modèle économique.







