Le secteur du BTP vient de changer de cadre réglementaire concernant l’indemnisation des arrêts de travail liés aux intempéries. Pour les entrepreneurs, ce nouvel arrêté ne se contente pas de mettre à jour le code du travail : il impose une gestion plus rigoureuse et plus réactive des sinistres climatiques.
Voici ce qui change :
1. La nouvelle règle : La déclaration provisoire (Article 5)
C’est le changement majeur qui impacte votre gestion administrative quotidienne. Vous ne devez plus attendre la reprise du travail pour déclarer l’arrêt : vous devez désormais envoyer une déclaration provisoire à votre Caisse de congés payés au plus tard 120 heures (5 jours) après le début de l’arrêt dû aux intempéries.
2. Le renforcement de votre responsabilité en cas d’indus (Article 6)
Le texte clarifie votre rôle de « filtre » et de recouvrement. Si un salarié perçoit des indemnités intempéries tout en ayant exercé une autre activité salariée pendant cette même période, les sommes deviennent indues.
- Votre obligation : Vous êtes désormais explicitement responsable du recouvrement de ces sommes auprès du salarié concerné.
- Une fois le montant récupéré, vous avez l’obligation de le reverser à votre Caisse de congés payés.
3. La rigueur maintenue sur la justification (Articles 3 et 4)
Si les principes de vérification restent familiers, le nouvel arrêté insiste lourdement sur la responsabilité du déclarant :
- Vérification des droits : Vous restez seul responsable de vérifier, avant tout versement, que le salarié remplit bien les conditions d’ancienneté (200 heures sur les deux derniers mois).
- Certificats de travail : Pour les salariés arrivés en cours d’année, l’examen des certificats de travail mentionnant les journées déjà indemnisées est un passage obligatoire.
- Engagement : Votre bordereau de remboursement, par sa signature, atteste désormais formellement de la véracité de votre déclaration, vous exposant aux sanctions de l’article L. 5429-1 du code du travail en cas de fausse déclaration (deux ans d’emprisonnement et de 30.000 € d’amende).
4. Quel impact sur vos cotisations et rétrocessions ? (Article 8)
Le nouvel arrêté change également la méthode de calcul du fonds de réserve de la Caisse nationale de surcompensation (CNS). Concrètement, cela influence vos chances de rétrocession :
- Un système plus prévisible : Le fonds est désormais calé sur un multiple fixe (entre 2,5 et 5 fois le montant des cotisations).
- Ce que cela change pour vous : Si le fonds de réserve est structurellement excédentaire (supérieur à 4 ou 5 fois le montant des cotisations), la Caisse a désormais l’obligation de redistribuer ces excédents aux entreprises via des coefficients de rétrocession.
Synthèse pour les gestionnaires de paie
| Action | Délai / Obligation |
|---|---|
| Déclaration provisoire | Max 120 heures après le début de l’intempérie |
| Bordereau définitif | Sous 1 mois après la reprise d’activité |
| Indus salariés | Recouvrement obligatoire + reversement à la Caisse |
| Droit à indemnisation | Vérification préalable (200h/2 mois + certificats) |







