Thon Rouge 2026 : répartition du quota en Méditerranée et en Atlantique

Le ministère de la Mer vient de publier l’arrêté du 25 février 2026, un texte crucial qui définit la répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) accordé à la France pour l’année en cours. Avec une enveloppe globale fixée à 7.833 tonnes, l’État arbitre une nouvelle fois entre les différentes façades maritimes et les modes de pêche.

Une répartition géographique sans surprise

La Méditerranée reste la zone prépondérante pour la capture de cette espèce emblématique. Le quota national est ventilé de la manière suivante :

  • Méditerranée : 6.971,4 tonnes (soit environ 89 % du quota).
  • Atlantique : 783,3 tonnes (10 %).
  • Pêche de loisir : 78,3 tonnes (1 %), réparties collectivement entre les deux façades.

Organisations de Producteurs et « Petits Métiers »

La répartition s’appuie sur les listes d’adhérents aux Organisations de Producteurs (OP) arrêtées au 1er novembre 2025.

En Méditerranée

Le secteur est largement dominé par les senneurs, notamment au sein de l’OP SATHOAN, qui se taille la part du lion avec plus de 4.779 tonnes. L’arrêté précise également les quotas pour les « petits métiers » (canneurs, ligneurs, palangriers), dont les droits de pêche sont calculés sur la base de leurs antériorités historiques (captures de 2009-2010).

En Atlantique

Ici, la répartition est plus segmentée par engins de pêche. La pêche au chalut représente la majorité du volume avec 535,5 tonnes, suivie par la ligne et la canne (223,9 tonnes). L’OP « Les Pêcheurs de Bretagne » et « Les Pêcheurs d’Aquitaine » sont les principaux bénéficiaires dans cette zone.

Une gestion stricte et des contrôles renforcés

L’arrêté impose un cadre opérationnel rigoureux pour éviter la surpêche.

  • Notification obligatoire : Les navires de plus de 24 mètres doivent notifier leurs limites de capture individuelles. À défaut de transmission avant le 27 janvier, leur quota est purement et simplement gelé.
  • Seuils d’alerte : Un quota est considéré comme « épuisé » dès que 80 % des captures sont atteintes. Ce seuil peut être relevé à 90 % pour les OP qui font preuve d’une grande transparence et d’un suivi mensuel exhaustif de leurs données.
  • Flexibilité encadrée : Des transferts de quotas sont autorisés entre organisations ou entre métiers (par exemple, du chalut vers la ligne en Atlantique), mais ils doivent être validés par le ministre et notifiés à la Commission européenne et à la CICTA (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique).

Sanctions et dépassements

Une fois le quota déclaré épuisé, toute activité (pêche, transbordement ou débarquement) est interdite. En cas de dépassement, la sanction est immédiate et mathématique : une compensation sera prélevée sur le quota de l’année suivante.

Texte officiel :