Face à l’impraticabilité des sols dans l’Aude, le Gard, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales après les récentes intempéries, un arrêté publié ce 26 mars 2026 lève temporairement l’interdiction de pulvérisation aérienne. Une mesure d’urgence encadrée par des règles de sécurité strictes.
L’épisode climatique qui a frappé l’arc méditerranéen ces dernières semaines laisse les agriculteurs dans une situation critique. Dans de nombreuses parcelles de vignes et de vergers, l’excès d’eau rend tout passage de tracteur impossible sans s’enliser ou dégrader durablement la structure des sols. Pourtant, la pression sanitaire (mildiou, maladies cryptogamiques) n’attend pas. C’est dans ce contexte que l’Arrêté du 24 mars 2026 vient d’être publié au Journal Officiel de ce jour [26/03/2026].
Une dérogation ciblée et limitée dans le temps
La mesure est exceptionnelle. Elle autorise, jusqu’au 30 avril 2026, l’usage de drones pour l’application de produits phytopharmaceutiques.
Quatre départements sont concernés :
- L’Aude
- Le Gard
- L’Hérault
- Les Pyrénées-Orientales
À noter : Cette autorisation ne concerne qu’un seul produit spécifique listé en annexe : la BOUILLIE BORDELAISE RSR DISPERSS (AMM n° 9500452), un fongicide classique à base de cuivre.
Des conditions de vol « haute précision »
Pour limiter les risques de dérive des produits chimiques et garantir la sécurité des riverains, l’État impose des paramètres techniques très rigoureux aux télépilotes :
| Paramètre | Limite imposée |
| Hauteur de vol | Maximum 3 mètres au-dessus de la végétation |
| Vitesse de vol | Maximum 18 km/h |
| Masse de l’appareil | Inférieure ou égale à 200 kg |
| Technologie | Équipements de réduction de la dérive obligatoires |
Protection des populations et de l’environnement
L’arrêté insiste lourdement sur la protection des tiers. Une distance de sécurité de 50 mètres doit être scrupuleusement respectée autour des zones sensibles : habitations, parcs, écoles, mais aussi points d’eau, cours d’eau (référencés sur Géoportail) et zones d’élevage.
De plus, l’aspect administratif est renforcé :
- Préavis de 48h : Une déclaration doit être envoyée à la Préfecture et à la DRAAF.
- Transparence locale : Les maires doivent être informés simultanément et procéder à un affichage en mairie.
- Preuve du besoin : Les agriculteurs doivent fournir des photos prouvant que l’accès terrestre est effectivement impossible.
Sécurité des opérateurs
Le texte rappelle que la manipulation de ces produits reste une activité à risque. Pilotes et techniciens au sol doivent être titulaires de leur certificat individuel (Certiphyto) et porter des équipements de protection individuelle (EPI) complets. Une zone de ravitaillement étanche doit également être aménagée pour prévenir toute pollution accidentelle du sol lors du remplissage du drone.







