Ambulanciers SMUR : vers une reconnaissance en catégorie B ?

C’est une question qui résonne dans les couloirs des hôpitaux et les habitacles des véhicules de secours depuis des années, mais elle prend aujourd’hui une dimension politique concrète. Le 24 mars 2026, le député Alexandre Dufosset a officiellement interpellé la ministre de la Santé sur un paradoxe persistant : pourquoi les ambulanciers SMUR, piliers de l’urgence vitale, sont-ils toujours cantonnés à la catégorie C de la fonction publique ?

Plus que des conducteurs : des techniciens de l’urgence

L’image d’Épinal de l’ambulancier dont le rôle s’arrête au volant est non seulement obsolète, mais injurieuse au regard de la réalité du terrain. Au sein des Structures Mobiles d’Urgence et de Réanimation (SMUR), ces professionnels sont les mains et les yeux qui secondent les médecins et infirmiers lors de situations critiques.

Un rôle polyvalent et technique

Leur quotidien ne se limite pas à la navigation rapide et sécurisée. Ils interviennent sur des arrêts cardio-respiratoires, des traumatismes graves ou des détresses respiratoires. Leurs missions incluent :

  • L’assistance technique : Préparation et manipulation d’équipements biomédicaux complexes.
  • La surveillance : Installation et monitorage des patients en état critique.
  • Le soutien hospitalier : En dehors des sorties, ils renforcent souvent les Services d’Accueil des Urgences (SAU), gérant les flux et la logistique.

« Leur activité s’exerce dans des conditions particulièrement exigeantes, impliquant un haut niveau de technicité, de réactivité et de sang-froid. » — Alexandre Dufosset.

Le paradoxe du statut « Soignant »

Un pas de géant avait été fait avec le décret n° 2022-1658 du 26 décembre 2022, qui intégrait enfin les ambulanciers à la filière soignante. Pourtant, malgré cette reconnaissance de leur contribution aux soins, leur rémunération et leur progression de carrière restent régies par la catégorie C, normalement réservée à des fonctions d’exécution moins spécialisées.

Pourquoi la catégorie B ?

Le passage en catégorie B (active) ne serait pas qu’une simple ligne sur une fiche de paie. Ce serait la reconnaissance de :

  • La formation spécifique : Diplôme d’État d’ambulancier (DEA) couplé à la Formation d’Adaptation à l’Emploi (FAE) pour le SMUR.
  • La responsabilité : La gestion de vies humaines dans des environnements contraints et stressants.
  • La pénibilité : Un engagement physique et psychologique permanent, propre aux métiers de terrain de la santé.

Quel avenir pour ces professionnels ?

La question parlementaire posée au Gouvernement souligne un « décalage » flagrant entre les missions réelles et le cadre statutaire actuel. Alors que le système de santé cherche désespérément à fidéliser ses agents, le reclassement des ambulanciers SMUR pourrait être un signal fort envoyé à une profession qui se sent souvent comme le « parent pauvre » de l’urgence.

Situation actuelleRevendication (Catégorie B)
Catégorie C (Exécution)Catégorie B (Application/Technique)
Reconnaissance soignante partielleStatut soignant complet et valorisé
Grilles indiciaires limitéesPerspectives de carrière élargies

Le Gouvernement acceptera-t-il d’ouvrir ce chantier de reclassement ? La réponse de la ministre est désormais très attendue par les équipes de l’Aide Médicale Urgente (AMU).

Source : J.O. Assemblée Nationale (Q.E.) ; Question n° 13751. − 24 mars 2026.