À compter du 1er juin 2026, l’application de la nouvelle grille des salaires minima mensuels ci-dessous est rendue obligatoire pour l’ensemble des employeurs et salariés de la branche des commerces de détail non alimentaires (IDCC 1517).
1. Entreprises et salariés concernés
La nouvelle grille des salaires minima ci-dessous doit être respectée pour tous les salariés des entreprises du commerce situés sur l’ensemble du territoire national dont l’activité principale est le commerce de détail non alimentaire quel que soit le mode de distribution (y compris le e-commerce…), et avec ou sans activité complémentaire (réparation, maintenance, fabrication, location…), centré sur l’un ou les produits suivants :
- maroquinerie et articles de voyage ;
- coutellerie ;
- arts de la table ;
- droguerie, les commerces de couleurs et vernis ;
- équipement du foyer (notamment les commerces d’articles et d’accessoires de décoration de la maison), bazars (notamment les solderies, magasins discounters et/ou de déstockage) ;
- antiquités et brocante y compris les livres anciens et/ou de valeur ;
- galeries d’art (œuvres d’art) ;
- jeux (y compris les jeux de société), jouets (y compris les figurines), modélisme (y compris les drones-jouets), articles pour fêtes et divertissements, produits de loisirs créatifs (à l’exclusion des produits en lien avec l’univers de la papeterie) ;
- puériculture et produits de l’enfant ;
- instruments de musique, partitions et accessoires de musique ;
- presse et jeux de hasard ou de pronostics agréés par l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) ;
- commerces spécialisés en produits de la vape ;
- souvenirs, objets artisanaux et articles religieux.
Par ailleurs, cette nouvelle grille s’applique également :
- aux personnels des entreprises dont l’activité principale est le commerce de détail des produits listés ci-dessus, et qui travaillent dans tous établissements liés à l’activité principale (holdings, sièges sociaux, établissements administratifs et de gestion, entrepôts …) ;
- ainsi que, le cas échéant, aux personnels des organisations professionnelles, patronales et consulaires, ainsi que des organisations associatives dont l’activité principale se rapporte au commerce de détail de ces produits.
Enfin, il est précisé que, pour l’application de ces dispositions :
- le commerce de détail se caractérise par la vente à un utilisateur final, quels que soient les volumes, et que cet utilisateur soit un particulier, une entreprise ou une organisation publique ou privée ;
- les produits listés ci-dessus comprennent les biens neufs aussi bien que les biens d’occasion (seconde main) ;
- lesdits produits peuvent être des biens physiques aussi bien que des biens numériques (à l’exception cependant du streaming et du téléchargement de logiciels et de contenus numériques sur le site des éditeurs).
2. La nouvelle grille des salaires minima obligatoire
Pour un horaire de référence de 151 heures 67 par mois (équivalent à la durée légale de 35 heures hebdomadaires), les rémunérations minimales sont fixées comme suit à partir du 1er juin 2026 :
Évolution de la grille des salaires minima mensuels (pour 151 h 67)
| Classification | Grille précédente | Nouvelle grille (au 1er juin 2026) | Évolution (en valeur) |
| NIVEAU 1 | 1 802 € | 1 829 € | + 27 € |
| NIVEAU 2 | 1 809 € | 1 838 € | + 29 € |
| NIVEAU 3 | 1 814 € | 1 843 € | + 29 € |
| NIVEAU 4 | 1 839 € | 1 867 € | + 28 € |
| NIVEAU 5 | 1 940 € | 1 967 € | + 27 € |
| NIVEAU 6 | 2 118 € | 2 146 € | + 28 € |
| NIVEAU 7 | 2 714 € | 2 741 € | + 27 € |
| NIVEAU 8 | 3 548 € | 3 583 € | + 35 € |
| NIVEAU 9 | 3 994 € | 4 034 € | + 40 € |
⚠ Point de vigilance – Niveau 1 « Débutant » : Les partenaires sociaux rappellent expressément que le Niveau 1 constitue un statut de débutant. L’application de ce niveau de rémunération ne peut excéder une durée maximale de 6 mois de présence dans l’entreprise. Passé ce délai, le salarié doit obligatoirement basculer vers le niveau supérieur, à l’exception notable des employés de nettoyage pour qui cette limitation temporelle ne s’applique pas.
3. Égalité professionnelle et non-discrimination
L’avenant remet également au centre des priorités l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Les signataires somment les entreprises de la branche de remédier activement aux écarts de rémunération constatés et, de manière plus large, de veiller à l’équité en matière de conditions de travail et d’emploi.
Le texte insiste sur plusieurs principes fondamentaux :
- Égalité de traitement : À travail égal ou de valeur égale, l’employeur est légalement tenu d’assurer une stricte égalité de salaire entre les femmes et les hommes.
- Transparence et neutralité : L’ensemble des critères servant à déterminer la rémunération, ainsi que les conditions d’octroi des compléments de salaire et des avantages en nature, doivent être exempts de toute forme de discrimination.
- Évolution de carrière : L’égalité doit s’appliquer de façon concrète dans l’accès à la formation professionnelle ainsi que dans les opportunités de promotion vers des niveaux de classification supérieurs mieux rémunérés.
4. Application universelle : pas de distinction selon la taille de l’entreprise
En vertu de l’article L. 2261-23-1 du code du travail, les accords de branche doivent théoriquement comporter des stipulations spécifiques pour les entreprises de moins de 50 salariés, ou justifier leur absence. Dans le cas présent, les partenaires sociaux ont écarté toute différenciation.
Cette décision se justifie par la structure démographique même de la branche des commerces de détail non alimentaires, qui est composée de manière presque exclusive d’entreprises de moins de 50 salariés. Prévoir des règles distinctes ou des dérogations aurait privé l’accord de sa substance et de sa portée protectrice. La nouvelle grille salariale s’applique donc de manière uniforme et sans exception.
Références :
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