Stationnement impossible, insécurité croissante et flou juridique : un député interpelle la ministre de la Santé sur le « parcours du combattant » quotidien des infirmiers et infirmières libéraux (IDEL).
C’est un paradoxe français : alors que le gouvernement prône le « virage domiciliaire » pour faire face au vieillissement de la population, ceux qui le rendent possible, les infirmières et infirmiers libéraux (IDEL), travaillent dans des conditions de plus en plus précaires. Hier, 17 mars 2026, le député Vincent Ledoux a déposé une question parlementaire incisive auprès du ministère de la santé pour dénoncer l’abandon de ces professionnels face aux contraintes de la rue.
Un stationnement entre « système D » et PV
Le constat est amer sur le terrain : trouver une place de parking à proximité d’un patient dépendant relève souvent du miracle urbain. Entre les zones piétonnes, les pistes cyclables multipliées et la fin de la tolérance dans certaines métropoles, les infirmier(e)s jonglent avec les amendes.
« L’absence de reconnaissance nationale spécifique conduit aujourd’hui à une grande hétérogénéité des pratiques », souligne Vincent Ledoux.
Actuellement, tout repose sur le bon vouloir des maires. Si certaines communes délivrent des macarons de stationnement, d’autres restent inflexibles, créant une véritable insécurité juridique. Le député demande donc une évolution claire du Code de la route pour harmoniser ces facilités de circulation et de stationnement sur tout le territoire.
La sécurité : l’autre front
Au-delà de la logistique, c’est l’intégrité physique des soignant(e)s qui inquiète. Travaillant seul(e)s, souvent à des horaires décalés (tôt le matin ou tard le soir) et dans des quartiers parfois difficiles, les IDEL sont des cibles. Vols de sacoches, agressions verbales ou physiques : le sentiment d’insécurité grandit.
Le parlementaire interroge la ministre sur la possibilité de renforcer la protection de ces professionnels par :
- Une meilleure reconnaissance de leur mission d’intérêt général.
- Une coordination accrue avec les forces de sécurité intérieure.
- Une évolution du Code général des collectivités territoriales pour sécuriser les initiatives locales de protection.
Vers un statut du « soignant itinérant » ?
La question posée à la ministre de la Santé, des Familles et de l’Autonomie est vaste : comment garantir la continuité des soins si ceux qui les prodiguent sont entravés dans leurs mouvements ou craignent pour leur sécurité ?
Pour la profession, l’enjeu est de passer d’une tolérance fragile à un droit réel. Il ne s’agit pas de privilèges, mais d’outils de travail indispensables. Selon le député, sans réponse concrète, le risque est de voir les zones urbaines denses — déjà sous tension — devenir de véritables déserts médicaux, faute de soignants capables de s’y déplacer sereinement.
A suivre…
Source : J.O. Assemblée Nationales Questions écrites du 17 mars 2026 ; Qu. n° 13665, p. 2317.






