Le décret n° 2026-214, publié ce dimanche 29 mars 2026, tire les conséquences de la loi d’octobre 2025. Pour les publics les plus précaires, la règle du jeu change : le ticket d’entrée à l’assurance chômage baisse, mais la durée d’indemnisation suit le même mouvement.
Un accès facilité : 5 mois de travail suffisent
La loi du 24 octobre 2025 portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l’emploi des salariés expérimentés et relatif à l’évolution du dialogue social prévoit la possibilité d’adapter la condition
d’affiliation minimale en faveur des « primo-entrants » – il s’agit des salariés privés d’emploi qui ne justifient pas d’une admission au titre de l’allocation d’aide au retour à l’emploi dans les 20 années précédant leur inscription comme demandeur d’emploi – mais aussi de certains salariés précaires.
Ainsi, pour ces demandeurs d’emploi, la condition minimale d’affiliation permettant l’ouverture d’un droit est abaissée de manière dérogatoire au droit commun, à 108 jours travaillés (ou 758 heures travaillées), correspondant à 5 mois au cours d’une période de référence de 24 mois (ou 36 mois, selon l’âge). Alors que dans le droit commun, la condition d’affiliation minimale est de 130 jours travaillés (6 mois).
Cette mesure vise à sécuriser le parcours des personnes qui sont plus précaires sur le marché du travail : en effet, les données issues des projections et analyses de France Travail et de l’Unédic montrent clairement que la catégorie globale formant celle des primo-entrants présente des difficultés particulières et avérées d’accès au marché du travail.
Le décret du jour : la mise en cohérence
Le décret paru ce matin fixe la liste des bénéficiaires de cette mesure et ajuste dans le même temps leur durée d’indemnisation.
Bénéficiaires
Les bénéficiaires du nouveau régime dérogatoire ci-dessus sont :
- les demandeurs d’emplois qui n’ont jamais bénéficié de l’allocation d’assurance (ou qui n’en a plus bénéficié depuis 20 ans) ;
- les demandeurs d’emploi dont la durée d’affiliation est exclusivement justifiée par un ou plusieurs contrats de travail saisonnier ou « vendanges« .
Durée d’indemnisation
Pour respecter le principe selon lequel on ne peut pas être indemnisé plus longtemps que la durée minimale de travail requise, la durée d’indemnisation des personnes ci-dessus est dans le même temps ramenée à 152 jours (5 mois), au lieu de 182 jours (6 mois) dans le régime de droit commun.
En clair, le gouvernement permet à ces travailleurs d’accéder plus tôt à une protection, mais pour une durée plus courte, calquée sur leur nouvel impératif d’affiliation.
Entrée en vigueur
Ce nouveau plafond de 152 jours d’indemnisation entre en vigueur dès demain, lundi 30 mars 2026.







