Face à l’urgence climatique et à la volatilité des prix de l’énergie, l’État lance un vaste appel à projets pour accélérer la sortie des énergies fossiles dans le secteur maritime. Doté de 62,2 millions d’euros, ce dispositif cible aussi bien les navires que les infrastructures portuaires.
C’est un signal fort envoyé au monde de la mer. Le 2 avril 2026, Philippe Tabarot (Transports), Catherine Chabaud (Mer et Pêche) et Sébastien Martin (Industrie) ont officialisé le lancement de l’appel à projets (AAP) « Aides à l’investissement pour la décarbonation du transport et des services maritimes ».
Cette initiative concrétise les engagements pris lors du comité interministériel de la mer de mai 2025. Elle s’inscrit surtout dans une double nécessité :
- Respecter les objectifs de l’Organisation maritime internationale (neutralité carbone en 2050)
- Renforcer la souveraineté énergétique de la France.
Le maritime à la croisée des chemins
Le transport maritime européen pèse aujourd’hui pour 3 % des émissions de gaz à effet de serre, dont l’immense majorité (85 %) provient du fret de marchandises. Si le secteur ne pivote pas rapidement, cette part pourrait exploser mécaniquement à mesure que les autres industries se verdissent.
Outre l’aspect écologique, l’enjeu est économique. La dépendance au fioul lourd expose les armateurs à une instabilité chronique des coûts. Comme le souligne le communiqué, décarboner, c’est avant tout gagner en résilience face à un marché des énergies fossiles imprévisible.
Trois piliers pour transformer la filière
Opéré par l’ADEME, cet appel à projets s’articule autour de trois axes stratégiques :
- La décarbonation des navires : Soutien à l’achat de navires neufs « propres » et à la modernisation (retrofit) des flottes existantes via des technologies d’efficacité énergétique.
- L’industrie navale : Financement du développement et de l’extension d’usines ou de chantiers navals capables de produire les équipements bas carbone de demain.
- Les ports de demain : Aide au déploiement d’infrastructures de recharge électrique et d’avitaillement en carburants alternatifs sur les quais.
Une priorité à la souveraineté européenne
Le gouvernement ne se contente pas de subventionner l’écologie ; il veut aussi soutenir l’industrie locale. Un critère de résilience a été intégré à la grille d’évaluation des dossiers. Les projets seront ainsi jugés non seulement sur leur efficacité environnementale, mais aussi sur leur contribution à la compétitivité industrielle française et européenne.
En pratique : L’appel à projets est ouvert depuis le 2 avril 2026. Les armateurs, chantiers navals, équipementiers et gestionnaires de ports sont invités à déposer leurs dossiers sur la plateforme de l’ADEME (voir ICI). Des réunions de pré-dépôt peuvent être organisées pour accompagner les candidats dans leur démarche.
Source : Communiqué du Gouvernement (n° 533, 2 avril 2026).







