Apiculture : l’ombre terrifiante de l’acarien Tropilaelaps plane sur la France

Face à l’arrivée imminente d’un nouveau parasite dévastateur, le député Guillaume Garot interpelle le gouvernement. Entre demande de blocage des importations et urgence sanitaire, la filière apicole est en état d’alerte maximale.

C’est un nouveau cri d’alarme qui retentit pour l’apiculture. Le 10 mars 2026, le député de la Mayenne Guillaume Garot (groupe Socialistes et apparentés) a officiellement interrogé le ministère de l’Agriculture sur une menace biologique encore méconnue du grand public, mais terrifiante pour les apiculteurs : l’acarien Tropilaelaps.

Déjà présent aux portes de l’Europe, ce cousin du Varroa — le parasite qui décime déjà les colonies françaises — est jugé encore plus virulent et rapide que ce dernier. Le constat est sans appel : là où il passe, les abeilles trépassent en un temps record.

Un témoignage venu d’Ouzbékistan

L’alerte a été relayée par l’Association nationale des éleveurs de reines et des centres d’élevage apicole (ANERCEA) suite à ses journées d’étude de février dernier. Des professionnels venus d’Ouzbékistan y ont décrit des scènes de désolation : des cheptels entiers anéantis par une infestation foudroyante.

Le mode opératoire du Tropilaelaps est particulièrement redoutable. Sa reproduction est plus rapide que celle du Varroa, et contrairement à ce dernier, il ne laisse aucune chance de survie à la colonie sans intervention humaine lourde. Or, problème de taille : aucun traitement ne dispose actuellement d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour lutter spécifiquement contre ce parasite en France.

Les importations dans le viseur

Pour l’ANERCEA et le député, le danger voyage par les airs, mais surtout par les camions de transport. Les principaux vecteurs de transmission identifiés sont :

  • Les reines fécondées en provenance de zones à risque.
  • Les « paquets d’abeilles » et les essaims importés.

À l’approche du printemps, période cruciale où les apiculteurs renouvellent leurs cheptels, l’association préconise une mesure radicale : le blocage immédiat des importations en provenance d’Europe de l’Est et d’Asie.

« Ces échanges commerciaux représentent désormais un risque majeur pour l’ensemble de la filière et, au-delà, pour la production agricole dépendante de la pollinisation », souligne le député dans sa question écrite.

Un secteur déjà à bout de souffle

Cette nouvelle menace s’ajoute à une liste déjà longue de fléaux qui fragilisent l’apiculture française :

  1. Le frelon asiatique, prédateur infatigable.
  2. Le Varroa, parasite endémique.
  3. Les pesticides et le changement climatique, qui affaiblissent les défenses naturelles des abeilles.

Vers une autonomie sanitaire ?

Au-delà de l’urgence, le député interroge le Gouvernement sur sa stratégie à long terme. L’objectif affiché est d’accompagner les apiculteurs vers une forme d’autonomie. Cela passerait par un soutien accru à l’élevage local de reines et d’essaims, évitant ainsi de dépendre de marchés étrangers devenus de véritables « chevaux de Troie » sanitaires.

Pour les sentinelles de l’environnement, le temps presse : si le Tropilaelaps s’installe, c’est tout l’équilibre de notre biodiversité et de notre agriculture qui pourrait vaciller. La réponse de la ministre est attendue avec impatience et angoisse par les apiculteurs.

Source : J.O. Assemblée Nationale, question écrite n° 13373, p. 2013.