Indemnité Gros Rouleurs 2026 : conditions et montant de l’aide

Publié ce 2 mai 2026 au Journal Officiel, le décret n° 2026-333 vient acter la mise en place d’une aide ponctuelle baptisée « indemnité carburant » ou « indemnité gros rouleurs ». Destinée aux actifs les plus modestes utilisant leur véhicule pour travailler, elle vise à compenser la persistance des prix élevés à la pompe.

Texte officiel : Décret n° 2026-333 du 30 avril 2026, J.O. du 2 mai.

Face à la hausse continue des coûts de l’énergie, le gouvernement affine son dispositif de soutien aux travailleurs. Contrairement aux remises générales à la pompe du passé, cette nouvelle aide est strictement ciblée selon des critères de revenus et d’utilisation intensive du véhicule.

Montant de l’aide

Le montant de cette indemnité est uniformément fixé à 50 € par véhicule admis (voir ci-dessous). Un demandeur ne peut bénéficier que d’une seule indemnité et un même véhicule ne peut donner lieu au versement de plusieurs indemnités (même s’il est utilisé par plusieurs personnes).

Attention : selon les dispositions du décret, cette indemnité prend la forme d’une subvention. Elle fait donc être incluse dans le bénéfice imposable des BIC, BNC ou BA, et elle doit être déduite des frais kilométriques réels éventuellement déclarés par les salariés.

Qui sont les bénéficiaires ?

Pour prétendre à cette aide, les demandeurs doivent remplir quatre conditions cumulatives :

  • Une condition d’âge : les demandeurs doivent être âgés d’au moins 16 ans au 31 décembre 2024 ;
  • Une condition de ressources : Le revenu fiscal de référence (RFR) par part, au titre des revenus de 2024, doit être inférieur ou égal à 16.880 €. Cela correspond approximativement aux cinq premiers déciles de la distribution des revenus en France. Toutefois, les foyers redevables de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) sont explicitement exclus de cette aide quel que soit leur RFR ;
  • Une condition d’activité : Il faut avoir déclaré des revenus d’activité en 2024 (salaires, BIC, BNC ou bénéfices agricoles). Attention : les chômeurs et préretraités ne sont pas éligibles à ce dispositif spécifique.
  • Une condition « Gros Rouleur » : pour cela, le demandeur doit effectuer :
    • plus de 15 kilomètres par trajet et par jour entre son domicile et son lieu de travail (soit plus de 30 km aller-retour par jour) ;
    • ou plus de 8.000 kilomètres par an dans le cadre de son activité professionnelle (cette condition incluant les trajets domicile-travail).

Quels véhicules sont concernés ?

Le véhicule utilisé peut s’agir d’un véhicule à deux, trois ou quatre roues, à motorisation thermique ou hybride non rechargeable.

Ce véhicule doit être régulièrement assuré à la date de la demande eet il ne doit pas être considéré comme un véhicule endommagé au sens des dispositions des articles L. 327-1 à L. 327-6 du code de la route. Ceci vise les véhicules endommagés dont le montant des réparations est supérieur à leur valeur.

Véhicules exclus :

En revanche, le décret exclut plusieurs catégories :

  • Les véhicules de fonction ou de service (dont les frais sont déjà pris en charge par l’employeur) ;
  • Les poids lourds et véhicules agricoles ;
  • Les quadricycles lourds ;

Modalités de demande et de versement

L’aide ne sera pas versée automatiquement. Les bénéficiaires devront se manifester sur une plateforme dédiée.

  • Où ? Sur le site impots.gouv.fr, via un formulaire dématérialisé dans l’espace « particulier ».
  • Quand ? La date d’ouverture du guichet sera fixée très prochainement par arrêté ministériel.
  • Comment ? Le versement sera effectué par virement direct de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) sur le compte bancaire connu de l’administration fiscale.

Un contrôle renforcé

Le décret précise que l’administration disposera de moyens de contrôle importants. La DGFiP pourra croiser ses données avec le Fichier des Véhicules Assurés (FVA) pour vérifier la régularité de l’assurance du véhicule.

De plus, les bénéficiaires devront conserver leurs justificatifs (contrat d’assurance, preuves de kilométrage, etc.) pendant 5 ans. En cas de déclaration inexacte, les sommes perçues devront être remboursées, avec des majorations éventuelles.

Texte officiel :