Selon une étude qui vient d’être réalisée et publiée par l’INSEE, après deux années de croissance exceptionnelle portées par les confinements et le besoin de bien-être, le secteur des végétaux et des animaux de compagnie marque le pas. Si le chiffre d’affaires global reste élevé à 11 milliards d’euros, l’inflation a stoppé net la progression des volumes de vente depuis 2023.
L’engouement des Français pour leur intérieur et leurs compagnons à quatre pattes ne se dément pas, mais le portefeuille, lui, commence à saturer. Selon une étude de l’Insee parue ce 14 avril 2026, le secteur regroupant fleuristes, jardineries et animaleries traverse une zone de turbulences après une période faste.
Un marché de 11 milliards d’euros porté par l’affectif
En 2023, ce marché spécialisé a généré 11 milliards d’euros. Ce gâteau se partage de manière presque égale entre deux piliers :
- Le pôle végétal (fleurs, plantes, engrais) : 5 milliards d’euros.
- Le pôle animalier (animaux et alimentation) : 5,5 milliards d’euros.
Le solde (400 millions) provient des commissions et ventes à distance. Il est important de noter que si les enseignes spécialisées (comme Truffaut ou Jardiland) sont les visages de ce secteur, une part importante des ventes, notamment l’alimentation animale, est captée par la grande distribution.
L’effet « soufflé » de la crise sanitaire
La pandémie de Covid-19 avait agi comme un accélérateur de croissance inédit. Entre début 2020 et l’été 2020, le chiffre d’affaires a bondi de 25 %. En 2021, la croissance atteignait encore un sommet de 23 %.
Cependant, ce cycle vertueux s’est brisé sur le mur de l’inflation. Depuis 2022, si le chiffre d’affaires se maintient en valeur (grâce à la hausse des prix), le volume des ventes a chuté. En clair, les clients achètent moins de produits, mais les paient plus cher, ramenant l’activité réelle à son niveau de 2023.
Un modèle économique sous pression
Le secteur présente des particularités structurelles qui le rendent vulnérable :
- Une forte saisonnalité : Le mois de mai, avec la fête des mères, constitue le pic d’activité annuel.
- Des coûts de personnel élevés : Contrairement à un magasin de vêtements, les « produits » ici sont vivants. Ils demandent des soins constants (arrosage, entretien des bouquets, nourriture et soins aux animaux).
- Une rentabilité fragile : En conséquence, le taux de marge est l’un des plus faibles du commerce de détail (19 %).
Un tissu d’entreprises dominé par les petits acteurs
Derrière les grands noms du secteur se cache une réalité très fragmentée. Sur les 13 900 entreprises du secteur :
- 13 500 sont des microentreprises.
- Elles génèrent à elles seules plus de la moitié de la valeur ajoutée du secteur.
Cette omniprésence des petits commerçants explique une rentabilité économique en apparence solide (9,4 %), car le bénéfice d’exploitation inclut souvent la rémunération du travail du gérant lui-même.
Investir pour survivre au changement climatique
Malgré la stagnation, le secteur continue d’investir massivement. Ces investissements ne servent plus seulement à moderniser les magasins, mais à répondre aux défis environnementaux : gestion de l’eau en période de sécheresse et maîtrise des coûts énergétiques pour le chauffage des serres.
Le chiffre clé : 34 jours. C’est le besoin en fonds de roulement moyen pour ces commerces, l’un des plus élevés du commerce de détail, illustrant la difficulté de gérer des stocks vivants et périssables.
Source : Insee Focus n° 379, 14/04/2026.







