Publiés au Journal officiel de ce dimanche 14 juin 2026, un décret et un arrêté viennent moderniser le dispositif de compensation des surcoûts logistiques et structurels qui pèse sur les professionnels du bois en Guyane. Au programme : revalorisation significative des aides au mètre cube, transition vers l’année civile et simplification des calculs.
Opérer dans la forêt guyanaise et y transformer le bois comporte des défis logistiques et structurels uniques, générant des surcoûts importants par rapport au marché hexagonal. Pour soutenir ce secteur stratégique, l’État avait mis en place un dispositif d’aide en mai 2018. Huit ans plus tard, le gouvernement actualise en profondeur ce mécanisme à travers le décret n° 2026-504 et un arrêté d’application, tous deux entrant en vigueur dès demain [15 juin 2026].
Des aides financières revalorisées à la hausse
La principale bonne nouvelle pour les exploitants et les scieurs guyanais réside dans l’augmentation substantielle des plafonds d’aide par mètre cube (m3) de grumes. Face à l’inflation et à l’évolution des coûts d’exploitation, l’État a revu ses enveloppes à la hausse :
- Pour la gestion et l’exploitation forestière : L’aide grimpe à 28,08 € par m3 de grumes récoltées (contre 20,74 € auparavant). Au sein de cette enveloppe, la part explicitement dédiée à la gestion forestière passe de 3,04 € à 5,00 €.
- Pour la première transformation (scieries) : Le soutien financier passe de 17,61 € à 23,14 € par m3 de grumes entrant en scierie.
De plus, le texte supprime l’ancien plafond historique qui bloquait les calculs sur la base des volumes de l’année… 2015. Une flexibilité bienvenue pour coller au plus près de la dynamique actuelle de la filière.
Alignement sur l’année civile et flexibilité des dépôts
Sur le plan de la gestion administrative, les textes introduisent deux simplifications pour les entreprises :
1. Le passage à l’année civile
Finie la campagne à cheval sur deux ans (qui courait du 1er avril au 31 mars). Désormais, l’aide est octroyée sur la base d’une année civile classique (du 1er janvier au 31 décembre).
Transition : Pour basculer vers ce nouveau calendrier, la campagne transitoire de 2025 est raccourcie : elle a débuté le 1er avril 2025 pour s’achever exceptionnellement le 31 décembre 2025.
2. Modernisation des démarches auprès de la DEAAF
Les professionnels n’auront plus l’obligation d’envoyer leurs dossiers exclusivement par voie postale. La DEAAF (Direction de l’Environnement, de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt – dont le nom est officiellement actualisé dans le texte) pourra désormais proposer une procédure dématérialisée. C’est elle qui fixera chaque année la date limite de dépôt, avec un garde-fou pour les entreprises : cette date ne pourra pas dépasser le 15 juin de l’année suivant la campagne.
Un mécanisme de régulation budgétaire clarifié
Le nouveau décret remplace la référence à un ancien régime d’aide d’État européen datant de 2017 par la notion plus souple de régime « en vigueur », assurant la pérennité juridique du texte.
De même, en cas d’un emballement des demandes qui dépasserait l’enveloppe budgétaire globale allouée par l’État, la formule mathématique du « stabilisateur budgétaire » a été grandement simplifiée. Si les crédits viennent à manquer, l’administration appliquera un ratio unique et transparent pour réduire proportionnellement l’aide de chaque opérateur :
Stabilisateur=total des crédits disponibles pour la campagne / total des aides demandées éligibles
Références :
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