Parue au Journal Officiel du 7 juillet 2026, une décision du Conseil national des barreaux (CNB) en date du 10 avril dernier vient modifier le Règlement Intérieur National (RIN) de la profession d’avocat. Ce texte modernise et précise la structure des contrats de collaboration libérale ou salariée, tout en renforçant l’organisation de l’entretien annuel entre les collaborateurs et leurs cabinets.
Voici un décryptage factuel des principaux changements apportés par cette réforme :
1. De nouvelles garanties obligatoires pour le collaborateur
La nouvelle version de l’article 14.3.1 du RIN enrichit la liste des conditions que tout contrat de collaboration doit obligatoirement garantir au professionnel. Deux ajouts majeurs font leur entrée :
- La visibilité du collaborateur : Le contrat doit désormais explicitement garantir la visibilité de l’avocat collaborateur aussi bien au sein même du cabinet que vis-à-vis des tiers.
- Le droit à la déconnexion : Déjà soumis au principe de délicatesse dans l’usage des outils numériques, le collaborateur se voit désormais accorder un droit à la déconnexion noir sur blanc dans son contrat.
2. L’introduction de clauses facultatives encadrées
Le texte clarifie ce que le contrat peut contenir, offrant ainsi un cadre juridique plus souple mais défini pour certaines pratiques courantes. Les cabinets et collaborateurs peuvent notamment prévoir :
- Un préambule détaillant les motivations des deux parties lors de la signature.
- Une clause précisant les modalités de la partie variable de la rétrocession d’honoraires (qui vient s’ajouter à la part fixe obligatoire).
- Une clause fixant un niveau de responsabilité particulier pour le collaborateur, éventuellement associée à un titre spécifique, définissant ses modalités d’exercice et ses obligations réciproques.
Les interdictions strictes (comme l’interdiction des clauses de limitation de liberté d’établissement ultérieure ou la participation aux frais de clientèle personnelle durant les 5 premières années pour les libéraux) restent inchangées.
3. Une rencontre annuelle mieux formalisée
L’article 3 de la décision modifie l’article 14.3.3 du RIN concernant le point annuel entre le collaborateur et le cabinet. Si le principe d’une rencontre annuelle à la demande de l’une des parties existait déjà, le texte ajoute un second alinéa pour en assurer l’efficacité.
Désormais, cet échange doit être planifié en tant que tel afin que chacun puisse s’y préparer, et chaque partie a la possibilité de proposer en amont les thèmes qui y seront abordés.
Référence : Décision CNB du 10 avril 2026 [J.O. du 7 juillet].
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