Nettoyage : les dimanches et jours fériés mieux payés dès cet été

C’est une publication majeure pour le secteur du nettoyage. L’arrêté d’extension paru au Journal Officiel de ce mercredi 10 juin 2026 rend désormais obligatoire l’avenant n°23 à la convention collective nationale des entreprises de propreté et services associés (IDCC 3043).

Négocié à Villejuif en décembre dernier, cet accord modifie en profondeur les règles de rémunération et d’indemnisation du travail dominical et des jours fériés. Face à l’obligation d’extension, toutes les entreprises de la branche – quelle que soit leur taille – devront appliquer ces nouvelles règles à compter du 1er juillet 2026.

Voici le décryptage complet de ce qui change concrètement pour les salariés et les employeurs.

1. Travail du dimanche : une revalorisation des heures normales

Jusqu’à présent, les salariés qui travaillaient régulièrement le dimanche (conformément à leur planning ou leur contrat de travail) bénéficiaient d’une majoration de salaire de 20 %.

  • Ce qui change : Cette majoration passe à 25 % pour les heures normales du dimanche.
  • Ce qui ne change pas : Les heures de travail effectuées de manière exceptionnelle le dimanche (non prévues initialement) restent majorées à 100 %.

2. Jours fériés : fin d’une condition stricte et bonus pour 4 jours clés

Le volet sur les jours fériés (article 4.7.5) subit le lifting le plus important, avec deux mesures phares.

Suppression de la condition de présence « veille / lendemain »

Auparavant, pour qu’un jour férié chômé (non travaillé) soit payé, le salarié devait cumuler 3 mois d’ancienneté et avoir travaillé le dernier jour de travail précédant ainsi que le premier jour suivant ce jour férié.

  • Désormais : Cette obligation de présence la veille et le lendemain est purement et simplement supprimée. Seule la condition des 3 mois d’ancienneté est maintenue.

Quatre grands jours fériés désormais majorés à 100 %

La grille des majorations pour les jours fériés travaillés devient plus généreuse pour les dates hautement symboliques du calendrier :

Situation de travail le jour fériéAncienne majorationNouvelle majoration (dès le 1er juillet 2026)
Heures normales
(jours fériés « courants »)
50 %50 % (inchangé)
Heures exceptionnelles
(non prévues au planning)
100 %100 % (inchangé)
Heures normales travaillées les :
• 1er janvier
• 1er mai
• 14 juillet
• 25 décembre
50 %100 % (Nouveau !)

Désormais, travailler le jour de l’An, la fête du Travail, la fête Nationale ou Noël garantit un salaire doublé (majoration de 100 %), même si ces journées étaient normalement prévues à votre planning.

Attention : le ministère du travail rappelle toutefois qu’il ne peut être dérogé au chômage du 1er mai que dans les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail.

3. Aucune distinction pour les petites entreprises

Le texte précise explicitement (dans son article 3) que ces mesures s’appliquent de la même manière aux structures de moins de 50 salariés qu’aux grands groupes.

Les partenaires sociaux justifient cette uniformité par une spécificité forte du secteur de la propreté : le transfert conventionnel (article 7 de la CCN). Ce dispositif oblige une nouvelle entreprise qui reprend un marché de nettoyage à maintenir les contrats de travail des salariés sur site. Pour éviter les distorsions de concurrence et protéger les droits des salariés lors de ces transferts, les règles de rémunération doivent rester strictement identiques pour tous.

Rappel calendrier : Les services de paie et les managers de planning ont moins de trois semaines pour intégrer ces changements. Ces nouvelles règles s’appliqueront dès le mardi 1er juillet 2026.


Référence : Arrêté d’extension du 5 juin 2026 [J.O. du 10]