L’arrêté d’extension de l’avenant n°43 à la convention collective nationale (CCN) de l’esthétique-cosmétique a été publié au Journal officiel ce jeudi 28 mai 2026. Cette publication officielle rend les nouvelles grilles de salaires et le barème des primes d’ancienneté obligatoires pour l’ensemble des instituts, écoles et entreprises du secteur dès le 1er juin prochain.
Employeurs et salariés concernés
Signé en début d’année par les partenaires sociaux (UPB, CNAIB-SPA, FIEPPEC d’un côté, et les fédérations FGTA-FO et UNSA de l’autre), l’avenant n°43 franchit sa dernière étape administrative. Son extension signifie que ses dispositions s’appliquent désormais à tous les employeurs et tous les salariés des l’entreprise dont les activités principales sont les suivantes :
- Le conseil en beauté, la vente de produits cosmétiques, les soins de beauté et d’entretien du visage et du corps, le maquillage, le maquillage permanent, les traitements antirides, les soins corporels, les modelages faciaux, les épilations, les modelages esthétiques de bien-être et de confort (visage et corps), les soins de manucure, les soins des pieds à vocation esthétique, la prothésie et le stylisme ongulaire, les techniques d’embellissement des cils et des sourcils, tous les soins esthétiques à la personne, les techniques d’amincissement et d’amaigrissement à vocation esthétique et les activités d’entretien corporel en et hors institut de beauté, en spa, dans les entreprises pratiquant des actes esthétiques, les techniques esthétiques adaptées à la socio-esthétique ;
- L’enseignement secondaire technique ou professionnel, l’enseignement postsecondaire non supérieur, l’enseignement supérieur, les autres enseignements et la formation continue, liés aux métiers de l’esthétique, des soins corporels et de la parfumerie et à la vente des produits de beauté et d’hygiène, de cosmétiques et de parfums ;
- Les activités de direction, de gestion, tutelle, holding, groupements concernant les entreprises relevant du secteur d’activité de la convention collective nationale.
En revanche, sont expressément exclues les entreprises dont l’activité principale est :
- Le commerce de détail de parfumerie, de produits de beauté, de toilette et d’hygiène, de cosmétiques ;
- La vente à distance sur catalogue spécialisé ;
- Le commerce forain des articles de parfumerie ou de beauté ;
- La vente et la mise à disposition du public d’appareils de bronzage utilisant des rayonnements UV ;
- Les activités de bronzage.
Voici ce qui change concrètement pour les professionnels de la beauté et de l’enseignement technique lié aux métiers de l’esthétique.
1. De nouvelles grilles de salaires minima
L’avenant redéfinit les rémunérations minimales brutes sur la base des 151,67 heures mensuelles (temps plein). Le texte sépare le secteur en deux grilles distinctes.
Grille des instituts de beauté et services généraux
Pour les salariés des instituts de beauté et des fonctions supports, le salaire d’entrée (coefficient 135) est fixé à 1 848 € brut, tandis que le sommet de la grille (coefficient 300) atteint 3 875 € brut.
| Coefficient | Salaire minimum brut mensuel |
|---|---|
| 135 | 1 848 €(*) |
| 150 | 1 861 €(*) |
| 160 | 1 877 € |
| 175 | 1 895 € |
| 180 | 1 917 € |
| 200 | 1 995 € |
| 230 | 2 072 € |
| 250 | 2 300 € |
| 270 | 2 834 € |
| 300 | 3 875 € |
(*) Attention : ce salaire de base est inférieur au nouveau SMIC brut pour 35 heures applicable à partir du 1er juin 2026, soit 1.867,02 €. Pour les salariés concernés, leur salaire ne peut être inférieur à ce SMIC.
Grille des entreprises d’enseignement technique et professionnel
Pour les centres de formation et écoles d’esthétique, de soins corporels et de parfumerie, la grille intègre deux échelons (A et B) par coefficient :
| Coefficient | Échelon A | Échelon B |
|---|---|---|
| 135 | 1 848 €(*) | 1 885 € |
| 150 | 1 861 €(*) | 1 899 € |
| 200 | 1 995 € | 2 035 € |
| 230 | 2 072 € | 2 114 € |
| 240 | 2 122 € | 2 165 € |
| 245 | 2 159 € | 2 203 € |
| 250 | 2 300 € | 2 346 € |
| 270 | 2 834 € | 2 891 € |
| 300 | 3 875 € | 3 953 € |
(*) Attention : ce salaire de base est inférieur au nouveau SMIC brut pour 35 heures applicable à partir du 1er juin 2026, soit 1.867,02 €. Pour les salariés concernés, leur salaire ne peut être inférieur à ce SMIC.
2. Prime d’ancienneté : un barème revalorisé et clarifié
Le texte rappelle la définition stricte de l’ancienneté : le temps pendant lequel le salarié a travaillé de façon continue dans l’entreprise, peu importent les changements juridiques de cette dernière (rachat, fusion).
Le nouveau barème s’établit comme suit :
- Après 3 ans : 44,00 €
- Après 6 ans : 75,00 €
- Après 9 ans : 111,00 €
- Après 12 ans : 143,00 €
- Après 15 ans : 179,00 €
- Après 20 ans : 190,00 €
- Après 25 ans : 206,00 €
Règle de gestion : Cette prime est totalement indépendante du salaire de base. Elle doit obligatoirement s’y ajouter et figurer sur une ligne distincte du bulletin de paie. Pour les salariés à temps partiel, elle est versée au prorata de leur temps de travail effectif.
3. Égalité de traitement et focus sur les TPE
Le secteur de l’esthétique étant majoritairement composé de Très Petites Entreprises (TPE), l’accord précise qu’aucune clause spécifique n’est créée pour les structures de moins de 50 salariés. Les règles sont strictes et identiques pour tout le monde.
Par ailleurs, un accent tout particulier est mis sur l’application du principe « à travail égal, salaire égal ». Les entreprises doivent s’assurer de la stricte égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, notamment en veillant à ce que les absences pour congé maternité ne freinent ni les promotions, ni les évolutions salariales.
4. Une « clause de revoyure » pour anticiper l’inflation
Pour éviter que les bas salaires de la grille ne soient rapidement rattrapés par le coût de la vie, les partenaires sociaux ont intégré une sécurité. Ils s’engagent à se réunir pour renégocier les salaires dans un délai maximal de deux mois si :
- Le SMIC dépasse le salaire du premier coefficient (135, soit 1 848 €).
- Le Plafond de la Sécurité Sociale dépasse le salaire du coefficient le plus haut (300, soit 3 875 €).
Référence : Arrêté d’extension du 18 mai 2026 [J.O. du 28]
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