Publiés au Journal officiel ce vendredi 11 septembre 2026, deux arrêtés datés du 28 août apportent une série d’ajustements majeurs aux textes réglementaires régissant les diplômes d’enseignement de la musique en France : le Certificat d’Aptitude (CA) et le Diplôme d’État (DE) de professeur de musique.
Ces modifications, qui revoient les arrêtés du 15 novembre 2023 (pour le CA) et du 3 juillet 2024 (pour le DE), visent à harmoniser les parcours, assouplir les conditions d’accès et adapter la formation aux réalités contemporaines du métier et du paysage institutionnel.
1. Conditions d’accès et prérequis : Ouverture et simplification
Intégration du DUMI et fin de l’obligation du baccalauréat pour le CA
L’une des évolutions phares concerne l’accès à la formation initiale et continue du CA :
- Reconnaissance du DUMI : Les titulaires du Diplôme universitaire de musicien intervenant (DUMI) peuvent désormais se présenter directement aux concours et examens d’entrée du CA, aux côtés des titulaires du DE, du DNSPM, de licences ou masters en musique.
- Suppression de l’exigence formelle du Baccalauréat en formation initiale.
- Simplification de la formation continue : Les critères d’ancienneté horaire ou de nombre de cachets auparavant exigés pour la formation continue du CA sont supprimés. Seul est conservé le prérequis d’un diplôme certifiant la maîtrise des compétences artistiques en lien avec la discipline.
Instauration d’un régime général de dérogation
Pour le CA (en formation initiale comme continue), si un candidat ne remplit pas strictement les conditions de diplôme requises, le directeur de l’établissement peut désormais accorder une dérogation, après avis d’une commission et selon les modalités prévues par le règlement des études.
2. Flexibilité des parcours : Validation des acquis et réorganisation des études
Les deux arrêtés harmonisent et clarifient la manière dont les parcours d’études peuvent être adaptés aux profils des étudiants.
- Cadre unifié pour le DE et le CA : Que ce soit en formation initiale ou continue, les étudiants peuvent bénéficier d’une validation des compétences et connaissances acquises dans un autre cadre, ainsi que d’une adaptation de la durée et de l’organisation de leur formation.
- Gouvernance pédagogique : Ces réorganisations et validations sont prononcées par le directeur de l’établissement dès le début du cursus ou en cours de formation, après avis de l’équipe pédagogique et de l’encadrement. Le choix s’appuie sur les résultats aux concours/examens d’entrée, le parcours antérieur (ou parallèle) et l’expérience professionnelle de l’étudiant.
- Ajustement sur les stages pratiques (CA) : La possibilité d’effectuer des stages en formation continue sur son propre lieu d’enseignement avec un tutorat externe est supprimée, recentrant le suivi sous la responsabilité directe des établissements d’enseignement supérieur.
3. Évolution des contenus de formation : cap sur la recherche
Les programmes d’études s’enrichissent pour mieux répondre aux attentes académiques et professionnelles actuelles :
- Initiation et méthodologie de la recherche :
- Pour le CA, la « méthodologie de recherche » rejoint explicitement les axes cardinaux de la formation (aux côtés de la pratique, de la culture artistique et de la réflexion pédagogique).
- Pour le DE, la formation intègre désormais une « initiation à la recherche ».
- Encadrement et posture (CA) : La notion de « conduite d’équipe » dans le référentiel de formation du CA est réorientée vers les termes plus précis de « coordination et d’encadrement ».
4. Modernisation de la composition des jurys
Afin de mieux refléter la diversité des structures d’enseignement et des statuts des professionnels, les règles de composition des jurys sont actualisées :
- Prise en compte de la Ville de Paris et des établissements supérieurs : Les enseignants ou directeurs exerçant au sein des conservatoires de la Ville de Paris ou dans des établissements d’enseignement supérieur de la musique peuvent désormais siéger formellement dans les jurys (concours d’entrée et épreuves terminales).
- Élargissement des profils de direction : Pour le DE et le CA, la liste des responsables pouvant siéger au jury s’élargit aux directeurs de conservatoires à rayonnement régional (CRR) ou départemental (CRD) et à d’autres personnalités qualifiées.
- Responsabilité accrue des directeurs d’établissement : La règle spécifique imposant la présence systématique d’un spécialiste par discipline/domaine au sein du jury est assouplie. Il incombe désormais au directeur de l’établissement de veiller à la concordance artistique et pédagogique entre la composition globale du jury et la formation ou le diplôme préparé.
Synthèse des changements
| Domaine | Certificat d’Aptitude (CA) | Diplôme d’État (DE) |
| Accès / Diplômes | Ajout du DUMI ; suppression du Bac requis ; dérogations possibles sur décision de la direction. | Maintien du cadre, alignement des règles de dispense/validation d’acquis. |
| Contenus | Ajout de la méthodologie de recherche ; accent sur la coordination et l’encadrement. | Ajout de l’ initiation à la recherche. |
| Parcours | Procédures simplifiées de validation des acquis et de réorganisation du cursus. | Réécriture de l’art. 8 pour harmoniser la validation d’acquis et l’adaptation du cursus. |
| Jurys | Ouverture aux cadres de la Ville de Paris et du supérieur ; assouplissement de la composition. | Ouverture élargie des jurys d’épreuves terminales (CRR, CRD, Ville de Paris) ; responsabilité du directeur sur la cohérence du jury. |
Ces textes entrent en vigueur dès leur publication au Journal Officiel, soit le 12 septembre 2026.
Références :
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