Publié au Journal officiel du 1er octobre 2026, le décret n° 2026-907 marque une étape importante dans l’amélioration de l’information des victimes et de la transparence judiciaire. Ce texte impose désormais aux procureurs de la République une motivation individualisée et circonstanciée lorsqu’ils décident de classer sans suite des affaires portant sur des crimes particulièrement graves.
Ce qui change concrètement
Jusqu’à présent, l’article D. 15-3-2 du code de procédure pénale prévoyait simplement que le procureur devait informer la victime de sa décision de classement sans suite et lui indiquer qu’elle pouvait demander une copie du dossier de la procédure.
Avec la nouvelle version de cet article, le cadre est considérablement renforcé pour les procédures concernant les infractions les plus graves visées à l’article 706-47 du code de procédure pénale :
- Une motivation renforcée : La décision de classement sans suite communiquée au plaignant et à la victime identifiée ne pourra plus se contenter de formules stéréotypées. Elle devra être explicitement adaptée à la nature des faits et aux éléments précis de la procédure.
- Un rappel systématique des recours : L’avis de classement sans suite devra désormais rappeler formellement aux victimes les modalités selon lesquelles elles peuvent exercer un recours (notamment le recours hiérarchique auprès du procureur général ou la constitution de partie civile).
Les infractions concernées
Cette obligation de motivation spéciale s’applique aux procédures portant sur les crimes les plus graves commis sur des majeurs ou des mineurs, parmi lesquels figurent notamment :
- Les meurtres ou assassinats (lorsqu’ils sont commis sur un mineur ou en état de récidive légale).
- Les actes de torture et de barbarie ainsi que les violences sur mineur de quinze ans ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.
- Les crimes de viol et d’agressions sexuelles aggravées.
- Les infractions de traite des êtres humains et de proxénétisme commises à l’égard de mineurs.
Entrée en vigueur
Le texte entre en vigueur dès le lendemain de sa publication, soit le 2 octobre 2026. Il s’applique à l’ensemble des parquets du territoire national, modifiant directement la pratique quotidienne des procureurs de la République dans leur relation avec les justiciables et leurs conseils.
À travers cette réforme, le législateur entend lutter contre le sentiment d’opacité parfois associé aux décisions de classement sans suite, en offrant aux victimes de crimes graves une meilleure compréhension des motifs juridiques ayant conduit à l’arrêt des poursuites.
Référence : Décret n° 2026-907 du 30 septembre 2026 [J.O. du 1er octobre].
![[Quoi de neuf dans votre secteur ?]](https://www.lofficieldesmetiers.fr/wp-content/uploads/2025/10/cropped-cropped-Officieldesmetiers_logo1.png)






