E-commerce : Bruxelles inflige 550M€ d’amende à AliExpress

Moins de deux mois après la sanction visant Temu, la Commission européenne frappe à nouveau un grand coup contre les géants du e-commerce asiatique. AliExpress écope d’une amende de 550 millions d’euros pour de graves manquements au Règlement sur les services numériques (DSA).

Le message de l’Union européenne est désormais limpide : l’accès au marché européen et à ses 450 millions de consommateurs n’est pas un chèque en blanc. Ce lundi 20 juillet 2026, la Commission européenne a annoncé une amende historique de 550 millions d’euros à l’encontre de la plateforme chinoise AliExpress, filiale du groupe Alibaba.

Cette sanction massive s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement sur les services numériques (Digital Services Act – DSA). Elle fait suite à une première amende de 200 millions d’euros infligée en mai dernier au site Temu, confirmant un durcissement net du ton face aux géants du commerce en ligne.

Failles de modération et algorithmes complices

L’enquête menée par les autorités européennes brosse un tableau sévère des pratiques de la plateforme. Selon les conclusions de la Commission, AliExpress n’a pas mis en œuvre les moyens nécessaires pour empêcher la diffusion de produits illégaux, dangereux ou contrefaits.

Parmi les manquements majeurs identifiés figurent :

  • Une modération sous-dimensionnée : Les équipes humaines dédiées au contrôle étaient manifestement insuffisantes au regard du volume des transactions et des risques.
  • Des algorithmes à double tranchant : Loin de bloquer les produits non conformes, les systèmes de recommandation commerciale et les outils publicitaires de la plateforme continuaient à les promouvoir activement auprès des utilisateurs.
  • Des procédures internes défaillantes : L’enquête a révélé la persistance en ligne de produits signalés pendant plusieurs semaines, l’absence de sanctions réelles contre les vendeurs tiers fraudeurs, ainsi que des contrôles facilement contournables par de simples erreurs volontaires de saisie.

Le gouvernement français salue un signal fort pour la concurrence loyale

« Ce qui est illégal hors ligne est illégal en ligne. » — Un principe fondateur du DSA rappelé par le gouvernement français.

Du côté de Bercy, la décision a été accueillie avec une satisfaction évidente. Dans un communiqué conjoint, Roland Lescure (ministre de l’Économie), Serge Papin (ministre des PME et du Commerce) et Anne Le Hénanff (ministre déléguée au Numérique) ont vivement salué la fermeté de la Commission.

Pour le gouvernement français, cette décision va bien au-delà de la simple protection du consommateur : elle touche à l’équité économique. Les entreprises françaises et européennes, soumises à des normes strictes de sécurité, de traçabilité et de conformité, subissent depuis des années la concurrence déloyale d’acteurs fermant les yeux sur les règles en vigueur.

Prochaine étape : octobre 2026

La sanction financière ne marque pas pour autant la fin du dossier. AliExpress dispose désormais d’un délai serré pour revoir de fond en comble son fonctionnement. La plateforme devra présenter, avant le 20 octobre 2026, un plan de mise en conformité détaillé répondant à l’ensemble des griefs soulevés par Bruxelles.

Si les résultats présentés s’avèrent insuffisants ou tardifs, le cadre juridique du DSA prévoit la possibilité d’infliger des astreintes et des sanctions financières complémentaires. La balle est désormais dans le camp du géant chinois.

Source : Communiqué du 20 juillet 2026.