Adopté par le Parlement pour renforcer la protection du droit de propriété, l’article 14 de la loi Sécurité prévoit un durcissement des sanctions et des procédures face à l’occupation illicite d’un meublé de tourisme. Mais le Conseil constitutionnel vient de rendre une décision partagée à son sujet.
Ce que prévoyait la nouvelle loi « sécurité »
Pour répondre aux difficultés des hôtes confrontés à des voyageurs refusant de rendre les clés à la fin de leur séjour, le texte initial prévoyait deux leviers majeurs :
- L’expulsion préfectorale rapide : L’extension de l’article 38 de la loi DALO du 5 mars 2007 aux meublés touristiques. Ce dispositif permet de demander au préfet une mise en demeure d’évacuer les lieux sous 24 heures à 7 jours, sans passer par la procédure judiciaire classique.
- Des sanctions pénales alourdies : Le maintien abusif dans la location à l’expiration du contrat était directement qualifié de délit dans le Code pénal, passible de peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.
La décision du Conseil : la procédure administrative validée, le volet pénal annulé
Le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a censuré une partie du dispositif tout en maintenant la mesure la plus efficace pour les propriétaires.
Censure totale des peines de prison spécifiques
Le Conseil a annulé les sanctions pénales créées par la loi au nom du principe d’égalité devant la loi pénale (article 6 de la Déclaration de 1789). Le texte réprimait en effet ces mêmes faits sous deux articles distincts du Code pénal (art. 226-4 et art. 315-1) prévoyant des peines différentes. En raison de cette contradiction juridique, le volet pénal a été annulé : le maintien dans les lieux à la fin du séjour ne constitue donc pas une infraction pénale spécifique.
Validation de l’évacuation préfectorale d’urgence
C’est la décision essentielle pour les loueurs : le Conseil constitutionnel a jugé la procédure d’expulsion administrative pleinement conforme à la Constitution. Les Sages ont rappelé que les meublés touristiques constituent le domicile ou la propriété du loueur (contenant ses biens meubles). La mise en demeure préfectorale vise légitimement à protéger le droit de propriété et l’inviolabilité du domicile.
3. Ce qu’il reste pour les loueurs
| Dispositif | Statut légal | Impact pour le loueur |
| Procédure d’expulsion préfectorale (Art. 38 loi de 2007) | VALIDÉ | Opérationnel. Si un client refuse de partir à la fin de sa réservation, vous pouvez solliciter le préfet pour obtenir une évacuation rapide sans engager de procès civil. |
| Poursuites et peines de prison (Code pénal) | CENSURÉ | Inapplicable. Le client récalcitrant ne peut pas faire l’objet de poursuites ou de condamnations pénales pour ce motif précis. |
Référence : Conseil constitutionnel – Décision n° 2026-915 du 14 août 2026.
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