Dans les territoires ruraux comme périurbains, la prolifération des sangliers est devenue une source constante d’inquiétude et de tensions. Saisie par les signalements répétés d’élus locaux et d’acteurs de terrain, la sénatrice Pauline Martin a interpellé le Gouvernement sur les conséquences financières et sécuritaires de ces surpopulations de grand gibier.
Entre dégradations sur les propriétés privées, coûts de réparation des équipements publics pris en charge par les collectivités et pertes de rendement majeures pour les agriculteurs, la parlementaire interrogeait le ministre sur les mesures de prévention, de régulation et les évolutions envisagées pour les mécanismes d’indemnisation.
Un système d’indemnisation sous tension financière
Dans sa réponse officielle, le ministère rappelle le cadre légal en vigueur : en vertu de l’article L. 426-1 du code de l’environnement, l’indemnisation des dégâts causés aux cultures par le grand gibier repose principalement sur les épaules des fédérations départementales des chasseurs.
Cependant, l’explosion démographique de l’espèce au cours des dernières décennies a fait peser une charge financière de plus en plus lourde sur ces organismes locaux, fragilisant leur capacité à assumer leurs missions tout en incitant l’État à intervenir.
Un plan d’action national fondé sur deux leviers
Pour endiguer le phénomène, des accords pluriannuels majeurs avaient été scellés le 1ᵉʳ mars 2023 entre l’État, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et les organisations professionnelles agricoles. L’objectif fixé était ambitieux : réduire de 20 % les surfaces agricoles endommagées d’ici le 1ᵉʳ mars 2026.
Pour y parvenir, le Gouvernement met en avant un ensemble de mesures combinées :
- Le renforcement de la pression de chasse et de régulation :
- Extension de la période de chasse jusqu’au mois de mai ;
- Autorisation sous conditions de l’utilisation de la chevrotine ;
- Facilitation du recours au piégeage ;
- Révision et encadrement des modalités d’agrainage.
- Un accompagnement financier et structurel :
- Soutien financier de l’État pour moderniser l’évaluation des sinistres ;
- Financement de moyens renforçant la prévention et la concertation locale entre agriculteurs, chasseurs et collectivités.
Des résultats chiffrés : une baisse de 28 % des surfaces touchées
Selon le bilan tiré par le ministère, l’intensification des prélèvements et la diversification des méthodes de régulation ont porté leurs fruits au niveau national :
- Diminution des dégâts : Entre 2019 et 2025, les surfaces de dégâts aux cultures agricoles ont reculé de 28 % à l’échelle nationale, dépassant l’objectif initial de 20 %. Certains départements enregistrent des baisses encore plus marquées, à l’image de la Saône-et-Loire avec une réduction de 36 %.
- Prélèvements record : Lors de la saison 2024/2025, 881.372 sangliers ont été prélevés par les chasseurs en France. À titre de comparaison, ce volume a été multiplié par plus de 20 depuis le début des années 1970.
Si le Gouvernement salue ces avancées chiffrées, la question de l’équilibre financier à long terme et de la cohabitation dans les espaces périurbains demeure un enjeu clé pour les collectivités et le monde agricole.
Référence : Journal Officiel Sénat (Q.E.) du 17 septembre 2026 ; Qu. 7409.
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