Devenir démineur de la Sécurité civile : les nouvelles règles

Paru au Journal officiel ce 12 septembre 2026, un arrêté du 1er septembre 2026 redéfinit en profondeur le cadre réglementaire de l’accès et de l’exercice de la profession de démineur au sein de la sous-direction du déminage de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). Ce texte modernise et remplace l’ancien arrêté de référence qui datait de plus de 20 ans.

Voici tout ce qu’il faut savoir sur les conditions pour intégrer ce corps d’élite, les formations exigées et les évolutions de carrière.

📋 1. Les conditions d’accès et le parcours de sélection

L’accès à la fonction de démineur de la sécurité civile s’adresse aux personnels actifs de la police nationale, ainsi qu’aux militaires ou anciens militaires souhaitant être accueillis au sein de la police nationale. Le processus de recrutement repose sur un double filtre sélectif :

  • Le dossier et la présélection : Après l’examen d’un dossier de candidature, les candidats subissent un test d’aptitude physique évaluant également leurs capacités de réflexion, d’analyse et d’argumentation (avec une note éliminatoire fixée en deçà de 12/20). Ils passent ensuite un test psychologique mené par un psychologue de la police nationale.
  • L’épreuve unique de sélection : Les candidats retenus passent un entretien devant un jury, qui établit une liste de classement par ordre de mérite.

🎓 2. Un cursus de formation exigeant et des qualifications obligatoires

Une fois sélectionnés, les candidats intègrent le service en qualité de démineurs stagiaires. Leur parcours de professionnalisation s’articule ainsi :

  • Deux périodes probatoires : Une phase initiale de formation de 16 mois suivie d’une période de professionnalisation de 18 mois (qui peut être prolongée d’un an par décision de la direction).
  • Des certifications indispensables : Durant leur cursus, les stagiaires doivent impérativement obtenir le transport routier de matières dangereuses (classe 1), le certificat d’aptitude à manipuler les appareils de radiologie industrielle (CAMARI) et un certificat de premiers secours (PSC).
  • Le maintien des acquis : Le texte institutionnalise l’obligation d’un stage de maintien des acquis opérationnels pour chaque qualification, devant intervenir de façon cyclique entre la quatrième et la sixième année.

🌊 3. Spécialités, encadrement et organisation territoriale

L’arrêté structure également les niveaux supérieurs de compétences et les responsabilités hiérarchiques :

  • La spécialité « démineur plongeur  » : Réservée aux démineurs terrestres qualifiés, elle nécessite de valider des épreuves spécifiques, de présenter un certificat médical de non-contre-indication (ou d’hyperbarie) et de participer à un stage annuel de confirmation des acquis sous contrôle médical.
  • Le niveau  » chef démineur  » et l’encadrement : Indispensable pour superviser les interventions les plus complexes, ce niveau s’accompagne de dispositions claires pour la désignation des chefs de centre, des chefs d’antenne et de la fonction clé de chef de centre – coordonnateur zonal, qui fait le lien à l’échelle de chaque zone de défense.

🔄 4. Mesures transitoires : que deviennent les agents en poste ?

Le nouveau texte intègre un volet transitoire précis (Chapitre VI) pour assurer la transition avec l’ancien régime sans léser les agents actuels :

  • Le cas des anciens « démineurs adjoints » : Leurs missions correspondent désormais à celles des stagiaires en période probatoire, et des passerelles leur sont ouvertes pour candidater au nouveau cursus de démineur ou à la spécialité de plongeur.
  • Les formations en cours (niveaux 2 et 3) : Les agents engagés dans les anciens cursus poursuivent leur formation selon des modalités adaptées, assorties d’une session de rattrapage obligatoire devant se tenir au plus tard un an après l’entrée en vigueur de l’arrêté.
  • Continuité des acquis : Le temps déjà écoulé depuis le dernier maintien des acquis sous l’ancien régime est intégralement pris en compte pour le calcul des futurs délais de recyclage.

Entré en vigueur au lendemain de sa publication, cet arrêté du 1er septembre 2026 abroge définitivement le texte de 2005 et dote les démineurs de la sécurité civile d’un cadre moderne, parfaitement adapté aux exigences des menaces contemporaines.


Référence : Arrêté du 1er septembre 2026 [J.O. du 12]