Un arrêté du ministère du travail a étendu au cours de ce mois de mai les dispositions de l’avenant n°31 à la convention collective nationale des vins, cidres, jus de fruits, sirops, spiritueux et liqueurs de France (IDCC 493). Si ce n’est pas déjà fait donc, toutes les entreprises du secteur, peu importe leur taille, devront s’aligner sur ces nouveaux salaires minima dès le 1er juin 2026.
Signé initialement le 13 février 2026 par les partenaires sociaux, l’avenant n°31 vient d’obtenir son arrêté d’extension. Concrètement, cela signifie que les salaires minimaux négociés ne s’appliquent plus seulement aux entreprises adhérentes des syndicats signataires, mais deviennent obligatoires pour l’ensemble des employeurs du secteur.
L’accord s’articule autour de deux priorités majeures : la revalorisation et « l’aération » des salaires hiérarchiques, ainsi qu’un rappel ferme aux obligations d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
1. Une volonté d’attractivité : « Aérer » la grille des salaires
Initiée en 2021, la stratégie des partenaires sociaux consiste à redonner de la distance entre chaque échelon professionnel (l’aération) pour rendre les perspectives de carrière et d’évolution plus attractives.
Les partenaires sociaux insistent sur un point : cette grille nationale constitue un socle minimal incontournable. Les négociations qui peuvent avoir lieu au niveau régional ou directement au sein des entreprises peuvent déboucher sur des salaires supérieurs, mais en aucun cas inférieurs à ce barème national.
Le nouveau barème des salaires minima (pour 35h/semaine) à partir du 1er février 2026
Note : Ces montants correspondent à un temps de travail mensuel de 151,67 heures.
| Positions | Salaire mensuel (€) |
|---|---|
| 1A | 1 844(*) |
| 1B | 1 879 |
| 1C | 1 913 |
| 2A | 1 923 |
| 2B | 1 954 |
| 2C | 1 986 |
| 3A | 1 996 |
| 3B | 2 026 |
| 3C | 2 057 |
| 4A | 2 099 |
| 4B | 2 151 |
| 5A | 2 233 |
| 5B | 2 315 |
| 5C | 2 398 |
| 6A | 2 533 |
| 6B | 2 688 |
| 7A | 2 667 |
| 8A | 2 874 |
| 9A | 3 287 |
| 9B | 4 145 |
| 10A | 5 023 |
(*) Attention : ce salaire minimum est inférieur au nouveau SMIC applicable à partir du 1er juin 2026 (1.867,02 € pour 35 h). Dans ce cas, c’est ce minimum qui s’applique.
Une clause de sauvegarde est également intégrée : si l’inflation ou les revalorisations légales du Smic en cours d’année devaient faire passer le salaire de la première position (1A) sous le niveau du Smic, les partenaires sociaux se réuniront immédiatement pour ajuster la grille.
2. Égalité Femmes-Hommes : priorité à la suppression des écarts
Le préambule de l’avenant met un coup de projecteur sur l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale. Le texte rappelle notamment aux entreprises leurs obligations strictes concernant le retour de congé maternité ou d’adoption.
À l’issue de ces congés, la loi et la convention collective imposent que le ou la salariée bénéficie :
- Des augmentations générales appliquées dans l’entreprise.
- De la moyenne des augmentations individuelles perçues pendant sa période d’absence par les salariés de la même catégorie professionnelle (ou, à défaut, de la moyenne de l’entreprise).
Quand ces mesures s’appliquent-elles ?
L’entrée en vigueur générale est fixée au 1er juin 2026 (le premier jour du mois civil suivant la publication de l’arrêté d’extension au Journal officiel). Mais la nouvelle grille quant à elle est applicable à partir du 1er février 2026. En conséquence, les entreprises qui ne l’appliquaient pas encore jusqu’ici, non seulement devront obligatoirement le faire à partir du 1er juin prochain, mais procéder également à un rappel de salaires au titre des mois de février à mai 2026.
Référence : Arrêté d’extension du 4 mai 2026 [J.O. du 8].
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