À la suite d’une interpellations parlementaire sur l’association de jouets aux menus pour enfants, le ministère de la Santé a rappelé les grands axes du nouveau Programme national nutrition santé (PNNS 5). L’objectif affiché par le Gouvernement est d’accompagner l’ensemble des acteurs économiques vers un environnement alimentaire plus vertueux.
L’utilisation d’objets promotionnels ou de jouets dans les menus destinés aux plus jeunes est une pratique ancrée depuis de nombreuses années, en particulier dans l’offre de la restauration rapide, mais pas seulement. Proposer un univers ludique au moment du repas familial participe à l’expérience client, mais suscite également des interrogations quant à son impact sur les choix alimentaires des enfants.
C’est dans ce cadre que la sénatrice Lauriane Josende a interrogé le ministère de la Santé sur l’opportunité d’encadrer ces méthodes commerciales, soulignant l’importance de concilier l’attractivité des offres destinées aux familles avec les enjeux majeurs d’éducation à la santé et de prévention du surpoids infantile.
Une démarche concertée inscrite dans la politique de santé publique
Dans sa réponse publiée au Journal Officiel du Sénat le 10 septembre 2026, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a replacé ce sujet dans le cadre global de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat 2025-2030 et du cinquième Programme national nutrition santé (PNNS 5).
Le Gouvernement rappelle que sa démarche repose historiquement sur le dialogue et la co-construction avec l’écosystème économique (restaurateurs, industriels, distributeurs et médias). L’enjeu est de faire évoluer progressivement les pratiques marketing pour qu’elles accompagnent positivement les recommandations nutritionnelles destinées aux jeunes consommateurs.
Une réflexion globale sur l’environnement d’achat
Plutôt que d’isoler un seul secteur, la réponse ministérielle élargit la réflexion à l’ensemble du parcours de consommation. Les échanges à venir doivent associer aussi bien la restauration que la grande distribution afin de faire évoluer les environnements de vente de manière harmonieuse.
Les discussions porteront notamment sur :
- L’évolution des leviers marketing (utilisation des mascottes, jouets ou primes promotionnelles) en faveur de produits au profil nutritionnel plus équilibré ;
- La valorisation des offres plus saines dans les espaces de vente, les linéaires, les têtes de gondole ou à proximité des caisses ;
- La régulation de la présence publicitaire dans l’espace public à proximité des établissements scolaires et des structures jeunesse.
Accompagner les acteurs vers de nouvelles opportunités
Pour le ministère, l’encadrement de ces biais marketing s’inscrit en complément d’outils d’information comme le Nutri-Score. L’objectif affiché reste la réduction de la prévalence des maladies chroniques évitables (diabète de type 2, obésité, certains cancers et pathologies cardiovasculaires) en façonnant dès le plus jeune âge un environnement plus favorable à des choix sains.
Si le calendrier des négociations avec les acteurs économiques et les industriels reste à préciser, le signal envoyé par les pouvoirs publics est clair : le jouet comme appât commercial pour vendre aux enfants a de moins en moins sa place dans le paysage réglementaire français.
Référence : J.O. Sénat du 10 septembre 2026 ; Q.E. 9039.
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