Auto-entrepreneurs : le top des secteurs les plus rentables

À la fin du quatrième trimestre 2025, la France comptait un peu plus de 3 millions d’auto-entrepreneurs administrativement enregistrés, dont plus de la moitié (54,8 %) économiquement actifs. L’attractivité de ce régime reste intacte : 793 000 immatriculations ont été enregistrées sur les 12 mois de l’année 2025 (en hausse de +3,7 % par rapport à 2024). Par contre, les écarts de revenus d’un secteur à l’autre restent abyssaux.

Entre prestations intellectuelles à forte valeur ajoutée et services de proximité, quels sont les domaines d’activité qui rapportent le plus ? Voici les secteurs les plus lucratifs d’après les dernières données du bulletin Stat’ur de l’Urssaf.

1. Le podium de la rentabilité : le conseil, le droit et la finance en tête

Au quatrième trimestre 2025, les activités de conseil et de services spécialisés à destination des entreprises dominent largement le classement du chiffre d’affaires moyen généré par les auto-entrepreneurs actifs.

  • Activités juridiques : Avec 10 133 € de chiffre d’affaires trimestriel moyen (+4,1 % sur un an), les professionnels du droit arrivent en tête des revenus du régime.
  • Activités immobilières : Les agents et négociateurs immobiliers affichent une moyenne de 9 019 € sur trois mois, portés par une nette reprise de leur activité (+5,8 % de CA moyen et +8,4 % d’actifs).
  • Services financiers et assurance : Les courtages et conseils financiers enregistrent 8 582 € par trimestre (+7,3 % sur un an).
  • Informatique, information et communication : Les développeurs, consultants IT et spécialistes de la tech génèrent en moyenne 8 454 € (+2,6 %).
  • BTP et travaux d’installation : Malgré un net ralentissement des nouvelles vocations dans le bâtiment, les artisans installateurs (électricité, plomberie) conservent un niveau de chiffre d’affaires élevé, à 8 404 € par trimestre (+3,1 %).
  • Conseil pour les affaires et gestion : Les consultants d’entreprises atteignent 7 882 € par trimestre (+3,8 %).

2. Tableau comparatif : Chiffre d’affaires moyen par secteur d’activité

Secteur d’activitéCA trimestriel moyen (Q4 2025)Évol. annuelle du CA moyenÉvol. du nombre d’actifs
Activités juridiques10 133 €+4,1 %+7,4 %
Activités immobilières9 019 €+5,8 %+8,4 %
Activités financières & assurance8 582 €+7,3 %+8,0 %
Informatique & Information8 454 €+2,6 %+6,6 %
BTP – Travaux d’installation8 404 €+3,1 %+0,5 %
Conseil pour les affaires7 882 €+3,8 %+0,2 %
Nettoyage & Entretien4 323 €+1,1 %+13,7 %
Coiffure & Soins du corps3 542 €+3,5 %+2,1 %
Activités sportives3 567 €+2,1 %+8,8 %
Services personnels (autres)3 325 €+3,5 %+0,9 %
Livraison à domicile & Poste1 558 €+7,3 %-6,6 %

3. Les secteurs à faible revenu trimestriel : volume élevé, mais marges réduites

À l’autre bout du spectre, plusieurs secteurs se caractérisent par un chiffre d’affaires moyen nettement inférieur à la moyenne nationale (5 156 €) :

  • La livraison à domicile et les services postaux ferment la marche avec 1 558 € par trimestre (soit environ 519 € par mois). Ce secteur, qui avait explosé lors de la crise sanitaire, continue de perdre des effectifs (-6,6 % d’actifs sur un an), même si le revenu moyen des livreurs restants enregistre un rebond (+7,3 %).
  • Les services à la personne et soins de beauté (coiffure à domicile, esthétique) plafonnent autour de 3 300 € à 3 500 € par trimestre, tout comme les coachs et éducateurs sportifs (3 567 €).
  • Le nettoyage affiche un CA moyen de 4 323 € par trimestre. Bien que modeste, ce chiffre n’empêche pas le secteur de connaître la plus forte hausse de vocations en France (+13,7 % de nouveaux actifs en un an).

4. Rentabilité globale : Une activité en progression malgré les régularisations

Si le nombre global de comptes inscrits ralentit en raison d’un « nettoyage » massif des dossiers inactifs mené par l’Urssaf (+20,6 % de radiations administratives), les auto-entrepreneurs qui travaillent réellement n’ont jamais autant généré de valeur.

Au total, les 1,66 million d’actifs ont généré 8,56 milliards d’euros au dernier trimestre 2025, en hausse de +6,1 % sur un an. Le chiffre d’affaires moyen par actif augmente de +2,0 %, témoignant d’une capacité des indépendants à ajuster leurs tarifs ou à augmenter leur volume de commandes dans un contexte d’inflation stabilisée.

En conclusion

La rentabilité en auto-entreprise dépend très largement du modèle économique : les prestations intellectuelles B2B (conseil, droit, ingénierie IT) et les métiers d’intermédiation (immobilier, finance) tirent pleinement leur épingle du jeu avec des revenus moyens souvent deux fois supérieurs à la moyenne nationale. À l’inverse, les métiers de services B2C à forte intensité de main-d’œuvre souffrent d’un plafond de verre sur la facturation horaire.

Source : Urssaf Caisse nationale, Stat’ur conjoncture n°419 (Juillet 2026).