Pharmacies : le cadre de la prise en charge clinique est fixé

Paru au Journal officiel ce 28 octobre 2026, le décret n° 2026-999 formalise une étape décisive dans l’exercice officinal. Il précise les conditions de mise en œuvre de la nouvelle compétence accordée aux pharmaciens en matière d’évaluation et de prise en charge de certaines situations cliniques.

Un rôle renforcé dans les soins de premiers recours

Pris pour l’application de l’article L. 5125-1-1 A du code de la santé publique (issu de la LFSS pour 2026), ce texte entre en vigueur dès le lendemain de sa publication, soit dès le 29 octobre 2026. Il permet aux pharmaciens d’officine, ainsi qu’aux professionnels exerçant en pharmacie mutualiste ou de secours minière, d’élargir leurs missions du quotidien face à des affections courantes.

Dans le cadre des situations cliniques qui seront fixées par un arrêté ministériel, le pharmacien pourra désormais :

  • Concourir aux soins de premiers recours (article L. 1411-11 du code de la santé publique).
  • Orienter le patient vers un autre professionnel de santé ou directement vers un service d’urgence si la situation l’exige.
  • Dispenser des dispositifs médicaux ou des médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire, selon des modalités bien encadrées.

Des exigences strictes de confidentialité et de traçabilité

L’exercice de ces nouvelles responsabilités s’accompagne de garanties rigoureuses pour assurer la sécurité et le suivi des patients :

  • Un espace de confidentialité dédié : Le texte rappelle que le pharmacien doit veiller au respect de la confidentialité des échanges. À cette fin, la consultation doit se dérouler dans des locaux permettant un accueil individualisé et conformes au cahier des charges techniques en vigueur.
  • Une inscription systématique dans le Dossier Médical Partagé (DMP) : L’acte de prise en charge ne laisse pas de place à l’improvisation. Le pharmacien est tenu d’y consigner de façon précise son identité, la date de l’évaluation, les symptômes observés, les éventuels critères d’exclusion, la conclusion clinique, ainsi que les soins prodigués ou l’orientation choisie (et, le cas échéant, les produits dispensés avec leur posologie).
  • Une communication fluide avec le médecin traitant : En plus de la mise à jour du DMP et de la remise d’un document récapitulatif au patient en cas de dispensation de produits de santé, l’ensemble des informations de prise en charge doit être transmis au médecin traitant via une messagerie sécurisée de santé.

Vers une prise en charge de proximité optimisée

Ce décret marque une nouvelle avancée dans la reconnaissance des pharmaciens d’officine comme acteurs clés de la prévention et du premier recours. En désengorgeant les cabinets médicaux tout en garantissant un parcours de soins coordonné et sécurisé, cette mesure offre aux patients une solution de proximité rapide, encadrée par des professionnels de santé formés et connectés au reste du système de soins.


Référence : Décret n° 2026-999 du 26 octobre 2026 [J.O. du 28].