Le cadre juridique entourant la mobilité des agents de la fonction publique de l’État s’enrichit d’un nouveau dispositif favorisant l’exercice des mandats locaux. Publié au Journal officiel du 21 octobre 2026, le Décret n° 2026-965 modifie l’article R. 413-20 du code général de la fonction publique (CGFP) pour intégrer pleinement la priorité de mutation accordée aux agents exerçant certaines fonctions exécutives locales.
Ce qui change concrètement
L’article R. 413-20 du CGFP définit le contenu des lignes directrices de gestion (LDG) en matière de mobilité des agents de l’État.
Jusqu’alors, le point 3° de cet article faisait référence aux priorités et critères de mutation énoncés aux articles L. 512-19, L. 512-21 et L. 561-2 du même code. Le décret y insère désormais la référence à l’article L. 512-20-1.
En clair :
- Avant : Les lignes directrices de gestion devaient fixer la prise en compte des priorités légales classiques (handicap, rapprochement de conjoint, zones prioritaires, etc.).
- Désormais : Les services RH doivent explicitement intégrer et faire appliquer dans leurs LDG la priorité légale attribuée aux fonctionnaires titulaires de mandats exécutifs locaux.
Origine de la mesure : le statut de l’élu local
Cette évolution administrative fait suite à la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local. L’article 19 de cette loi avait instauré au bénéfice des agents publics l’article L. 512-20-1 du CGFP. Le décret du 18 octobre 2026 vient ainsi assurer la déclinaison réglementaire et opérationnelle de cette disposition législative dans les procédures ministérielles de mobilité.
Quels sont les agents et mandats concernés ?
Cette priorité de mutation s’applique aux fonctionnaires de l’État qui exercent l’une des fonctions suivantes au sein d’un exécutif local :
- Maire ou Adjoint au maire ;
- Président ou Vice-président d’un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre ;
- Président ou Vice-président d’un conseil départemental ;
- Président ou Vice-président d’un conseil régional.
Périmètre de la priorité
L’agent bénéficiaire dispose d’une priorité pour être affecté dans tout emploi vacant correspondant à son grade, au sein :
- Du département ministériel dont il relève ;
- Ou d’un établissement public placé sous la tutelle de ce ministère.
Rappel de la hiérarchie des priorités : L’article L. 512-20-1 précise que cette priorité dédiée aux élus locaux ne prévaut pas sur d’autres priorités légales préexistantes, notamment celles liées à la réorganisation de services ou aux situations familiales et territoriales prioritaires (articles L. 442-5, L. 442-6, L. 512-19 et L. 512-20).
Entrée en vigueur
Le décret est entré en vigueur le lendemain de sa publication, soit le 22 octobre 2026. Les administrations de l’État sont donc invitées à mettre à jour leurs lignes directrices de gestion relatives à la mobilité afin d’inclure ce nouveau critère dans l’examen et l’arbitrage des demandes d’affectation.
Référence : Décret n° 2026-965 du 18 octobre 2026 [J.O. du 21].
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